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Journée internationale de lutte pour les droits des femmes : mobilisation de l’Intersyndicale CGTR-FSU-SOLIDAIRES-UNEF
9 mars 2022, par

A l’initiative de l’Intersyndicale CGTR-FSU-SOLIDAIRES-UNEF, un rassemblement avait lieu hier 8 mars sur la place Paul-Vergès à Saint-Denis à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes. Les femmes sont les travailleurs les plus discriminés en termes de droit à l’emploi et de salaires. La lutte contre ces injustices constitue une priorité du combat mené par les syndicats. Les femmes sont également en première ligne des luttes pour faire respecter le droit à un emploi et à un salaire décent de tous les travailleurs. Malgré le risque pour leur carrière, elles sont nombreuses à être déléguées syndicales.
Hier 8 mars, à l’initiative de l’Intersyndicale CGTR-FSU-SOLIDAIRES-UNEF, un rassemblement avait lieu hier sur la place Paul-Vergès à Saint-Denis à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes.
La lutte pour l’emploi et pour de meilleurs salaires concerne particulièrement les femmes. En effet, à La Réunion, le taux de chômage est trois fois plus important qu’en France, et les femmes sont plus touchées que les hommes. En termes de salaires, à compétence et travail égal, elles sont moins payées. C’est pourquoi la lutte pour l’égalité entre femmes et hommes est une priorité du combat des syndicats.
Les chiffres de l’étude la plus récente à ce sujet de l’INSEE datée de 2021, sur la base de données de 2017, rappelle que l’accès à l’emploi demeure plus difficile pour les femmes, davantage touchées par le chômage et la précarité. En effet, bien que les demandeuses d’emploi soient plus diplômées et qualifiées que les hommes, seules 43 % des Réunionnaises en âge de travailler, occupent effectivement un emploi en 2019, contre 51 % des Réunionnais.
Quand elles arrivent à faire valoir leur droit à un travail, près de 30 % des femmes sont à temps partiel, ce qui signifie bien souvent un SMIC à temps partiel. En termes de secteur d’activité, 91 % des salariées sont employées dans des métiers liés au service à la personne ou au commerce.
Le tract de l’Intersyndicale rappelle en effet que :
« Les métiers du soin et du lien, dans lesquels les femmes sont concentrées, sont dévalorisés et sous-payés. Pourquoi ? Parce que soigner, aider, accompagner, assister, servir, éduquer, etc. sont considérés comme des qualités « naturelles » pour les femmes. Pourtant, il s’agit de l’exercice de qualifications acquises ».
Elles exercent aussi dans des professions qui ont été particulièrement touchées par l’importation de l’épidémie de coronavirus à La Réunion, comme celles du tourisme ou de la restauration.
Ces chiffres témoignent de la situation particulièrement fragile des femmes en matière d’égalité professionnelle. C’est une situation qui résulte d’un ensemble de freins exacerbant l’inégalité entre les femmes et les hommes et maintenant les femmes éloignées du droit à un travail et à un salaire décents.
Comment imaginer construire un développement durable et solidaire avec des telles inégalités liées au genre ?
Les syndicats militent pour la fin des temps partiels imposés et de la précarité.
« 80 % des salarié·e·s à temps partiel sont des femmes, avec des salaires souvent en dessous du seuil de pauvreté et une flexibilité maximum (travail le soir, le dimanche, horaires variables, amplitudes horaires énormes). Il faut instaurer un droit automatique au passage à temps plein, une sur-cotisation patronale retraite sur les emplois à temps partiel, majorer toutes les heures complémentaires à 25 % et 50 % et rémunérer les temps de trajet entre deux employeurs ».
Le rassemblement de l’Intersyndicale a permis de rappeler les nombreuses discriminations visant les femmes dans les entreprises. Il a aussi souligné que les femmes sont également fortement présentes dans la bataille pour faire avancer la cause de tous les travailleurs. Malgré les risques pour leur carrière, elles n’hésitent pas à prendre la responsabilité d’être déléguées syndicales pour défendre la cause de tous leurs camarades.
Cette mobilisation n’était pas seulement un hommage, elle a mis en évidence le fait que les femmes sont en première ligne des luttes des syndicats, et cela tous les jours de l’année.
M.M.
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