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L’augmentation considérable des besoins en colis alimentaires indique que malgré les statistiques, la situation ne s’améliore pas.
70 ans après l’abolition du statut colonial, nombreux sont les Réunionnais qui dépendent de la solidarité pour manger à leur faim. Cette situation ne s’arrange pas. Selon le JIR d’hier, la demande en colis alimentaires explose. En 2014, la Croix-Rouge a été obligée de servir 30 % de colis de plus, la hausse est de 15 % cette année. La Banque alimentaire a vu les demandes des CCAS augmenter de 50 % en deux ans, et prévoit la distribution de 90.000 colis cette année.
Cette situation dramatique est liée à la crise qui touche La Réunion. Avec près de la moitié de la population en dessous du seuil de pauvreté, notre île bat un record de précarité. C’est une des conséquences du chômage de masse qui touche La Réunion depuis des décennies. À cela s’ajoutent les effets du coût élevé de la vie.
En effet, le salaire minimum, les retraites et les prestations sociales sont calculées en fonction de l’évolution de l’inflation en France. Or il s’avère qu’à La Réunion, la vie est plus chère qu’en France. Cette situation est reconnue par l’État. Ce dernier verse à ses agents un complément de salaire s’élevant à 53 % du traitement pour faire face à cette situation. L’objectif est de garantir aux fonctionnaires titulaires en poste à La Réunion le même pouvoir d’achat que leurs collègues en France.
Mais pour la population qui ne bénéficie pas de cette sur-rémunération, le pouvoir d’achat est donc inférieur.
C’est donc une double peine qui est infligée aux plus pauvres. Non seulement ils sont exclus du monde du travail, mais en plus les indemnités perçues ne correspondent pas à la réalité des prix.
Le débat sur l’égalité réelle outre-mer était l’occasion de parler de ce sujet. En effet, l’auteur du rapport préalable à ce projet de loi appelait à un « bing bang social et économique ». Mais le texte voté par les députés est loin de cette ambition. Il prévoit quelques mesures d’urgence pour les pauvres, mais elles ne sont que l’extension à La Réunion de mesures appliquées déjà depuis longtemps en France. Ce n’est donc que le paiement d’une dette.
Rien n’est dit en revanche sur les moyens de garantir aux Réunionnais le même pouvoir d’achat que leurs concitoyens de France. L’égalité réelle oublie la question des prix, alors que si une continuité territoriale existait, l’État devrait agir pour leur alignement sur ceux de la France.
Cet oubli sera payé cher par les pauvres.
M.M.
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