La concentration de richesses révèle l’ampleur des inégalités dans les anciennes colonies intégrées à la République française comme La Réunion
5 juin, parRapport sur les riches publié par l’Observatoire des inégalités
Diffusion sur Réunion 1ère du film ’Une enfance en exil’ et débat sur un grave crime contre les Réunionnais
30 mai 2013, par

C’est un film terrible, fantastique et vraiment extraordinaire, réalisé par William Cally et écrit par Sudel Fuma, qu’ont pu voir hier soir sur Réunion 1ère Télé des dizaines de milliers de Réunionnaises et de Réunionnais. Plus de 150 d’entre eux, solidaires des victimes de cette tragédie représentée par ’Une enfance en exil’, se sont retrouvés au Conseil Général ; et ce film a donné lieu à un débat très riche sur les moyens à mettre en œuvre pour réparer les dégâts de ce crime de la déportation de 1.615 enfants Réunionnais entre 1963 et 1982.
Cette soirée fut à la fois très émouvante et très riche d’enseignements à tirer de notre histoire. En effet, les épreuves subies par les victimes de « l’enfance en exil » sont une nouvelle illustration du système néo-colonial qui a été mis en place par la classe politique dominante à La Réunion après l’abolition officielle du statut de colonie de notre pays le 19 mars 1946 et des souffrances engendrées par ce système.
Comme cela a été rappelé par plusieurs spécialistes dans le documentaire, c’est pour répondre aux intérêts de la bourgeoisie de l’époque, que le pouvoir en place, incarné par Michel Debré et ses complices, a décidé de faire partir au plus vite un maximum de Réunionnais en France. Et dans cette émigration massive forcée, ils ont été victimes à la fois de racisme, de surexploitation, de mépris et de non-respect des droits humains fondamentaux.
« Une atteinte au peuple réunionnais »
Les représentants d’associations qui défendent les droits et la dignité de ces Réunionnais déportés ont souligné l’ampleur de la tragédie vécue par ces enfants et par leurs familles. Une tragédie que Wilfrid Bertile a qualifiée d’ « atteinte au peuple réunionnais ».
Dans le débat, il a été rappelé aussi par plusieurs intervenants que cette politique d’exil massif organisée par le pouvoir néo-colonial dans les années 60-70 avait pour but principal de combattre le Parti Communiste Réunionnais et que "Témoignages" a fortement combattu ce crime. D’ailleurs, le seul élu présent hier soir dans la salle du Conseil Général était Pierre Vergès.
On gardera également en mémoire de cette soirée le courage exemplaire de ces nombreux déportés qui ont su résister aux violences inhumaines qu’on leur a infligées.
On retiendra enfin cette demande lancée par Jean-Jacques Martial et Jean-Philippe Jean-Marie au nom de l’association Rasine Anlèr aux responsables politiques à organiser rapidement une rencontre en vue d’une réparation de cette tragédie. D’où cet appel très juste et très important de Jean-Philippe Jean-Marie : « les Réunionnais solidaires ! ».
L.B.
Rapport sur les riches publié par l’Observatoire des inégalités
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