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Arrivée de réfugiés
11 septembre 2015, par

La Commission européenne a présenté mercredi 9 septembre un nouveau plan destiné à répartir les 160.000 migrants récemment arrivés en Europe, entre chaque pays membres.
Ce nouveau système de quotas contraignants pour l’accueil des réfugiés propose la répartition suivante : l’Allemagne accueillera plus de 40.000 demandeurs d’asile et la France 30.000 sur les 160.000 demandeurs venus d’Italie, de Grèce et de Hongrie.
Cette répartition envisagée à Bruxelles se base sur quatre critères nationaux : le PNB (à hauteur de 40 %), la population (40 %), le taux de chômage (10 %) et le nombre de réfugiés accueillis avant 2015 (10 %).
« Ce sont 160.000 personnes que nous devons accueillir dans nos bras et j’espère que, cette fois, tout le monde sera embarqué », a expliqué le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker. « La proposition doit être adoptée lors du Conseil (des ministres de l’Intérieur et de la Justice de l’UE) du 14 septembre », a-t-il ajouté.
Ce dernier a ajouté que « le temps n’est pas venu d’avoir peur. C’est le moment de faire preuve de dignité humaine. » Face au Parlement européen, il a appelé les États membres à « agir pour régler la crise des réfugiés ».
Rappelant que « le droit d’asile est fondamental en Europe », il a assuré que les nouveaux venus devaient « être acceptées sur le territoire européen ». Le président de la Commission européenne a pointé du doigt les pays de l’est de l’Europe, comme la Hongrie, la Pologne et la République tchèque, qui ne veulent pas accueillir de réfugiés.
Ce dernier leur a adressé un message éloquent : « il n’y a pas de religion, de croyance, de philosophie quand il s’agit de réfugiés ». « Nous devrions plutôt essayer de nous souvenir », a-t-il déclaré. Une allusion au passé européen et aux vagues de migrations, qui ont suivi la Seconde Guerre mondiale ou encore l’effondrement de l’Union Soviétique.
Lors de la présentation du texte par la Commission européenne, la Suisse, l’Islande, la Norvège et le Liechtenstein doivent également accepter « sans exception » le droit Dublin, qui oblige le pays d’entrée des réfugiés est tenu de traiter leur demande d’asile. Si les quatre pays ne participent à l’effort commun alors qu’il est évoqué une résiliation des accords passés entre l’UE et ces quatre pays.
Toutefois, malgré la volonté de la Commission européenne de faire participer tous les pays européens, seul le comité mixte pourra décider à l’unanimité l’application de l’accord. Ce comité est en train de chercher des solutions en cas de désaccord.
Anticipant la réunion du 14 qui actera ou pas le plan de la Commission, les députés européens ont dénoncé dans une résolution le « manque de solidarité regrettable des gouvernements envers les demandeurs d’asile ». Ces derniers se sont dits prêts, le moment venu, à donner leur aval législatif, via une procédure accélérée pour mettre en place le plan présenté.
Cependant, au lendemain de la proposition du président de la Commission européenne, les tensions se sont multipliés, en Hongrie, en Roumanie et en Slovaquie, ainsi qu’au Danemark et en Autriche.
Le flot ininterrompu de réfugiés, souvent partis de Syrie ou d’Irak, continue, à tel point que des records de passages ont été signalés ce jeudi 10 entre la Serbie et la Hongrie, ainsi qu’à la frontière avec l’Autriche, qui a suspendu ses liaisons ferroviaires. La Hongrie a décidé de déployer l’armée pour fermer hermétiquement sa frontière avec la Serbie.
Le président roumain Klaus Iohannis s’est publiquement opposé au système de quotas, considérant que ce n’est pas une solution, ni « opportun de parler de quotas obligatoires, calculés de manière très bureaucratique ». Dans la même ligne, le Premier ministre slovaque Robert Fico a indiqué que « lorsque l’Allemagne ou la France disent quelque chose nous ne devons pas nous prosterner et répéter la même chose ».
Les tensions risquent de durer entre les pays européens. Les uns dénonçant l’absence de moralité de certains Etats et les autres refusant catégoriquement de devenir pays hôte de ces milliers de personnes, venus d’Irak ou de Syrie. Pour le moment, la décision est attendue le 14, lors du Conseil des ministres des 28.
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