La concentration de richesses révèle l’ampleur des inégalités dans les anciennes colonies intégrées à la République française comme La Réunion
5 juin, parRapport sur les riches publié par l’Observatoire des inégalités
20 mars 2013

Voici le courrier remis en Préfecture, le 19 mars 2013, par une délégation représentative de l’Appel de l’Ermitage.
« Monsieur François Hollande, Président de la République française
Nous vous prions de trouver ci-joint le texte adopté le 18 décembre 2012, à l’Ermitage, Saint-Paul, relatif à l’extrême pauvreté, à La Réunion. Dans notre département, l’inégalité de revenus mesurée par l’Insee est le double de celle observée en France. Nous y voyons des raisons historiques.
En effet, le 20 décembre 1848, la France a aboli l’esclavage sur l’île de La Réunion. Les propriétaires d’esclaves ont obtenu des indemnités compensatrices, tout en gardant toutes leurs propriétés. Les esclaves n’ont rien eu. Sans argent, sans toit, sans terre, les nouveaux libres étaient obligés de fuir dans les montagnes ou de retourner se mettre au service des maîtres.
Du fait de cette discrimination, sur cette terre réputée libre est apparue une société réunionnaise extrêmement inégalitaire constituée majoritairement de 60.000 esclaves qui avaient obtenu le droit d’être libres, mais étaient totalement démunis ; En face, la classe des possédants avaient tous les avantages : économique, scolaire, religieux et politique.
De générations en générations, les uns vivaient de l’héritage matériel et de la considération pendant que la majorité de la population était dans le dénuement et la frustration.
Un siècle plus tard, la loi du 19 mars 1946 devait remédier à ces inégalités et injustices, en abolissant le statut Colonial et en le remplaçant par le statut départemental. La loi d’Egalité de 1946 avait prévu d’étendre à La Réunion les lois sociales en vigueur en France, au plus tard, le 1er janvier 1947. Il aura fallu un demi siècle de lutte politique pour l’obtenir.
Durant cette perte de temps, la situation économique et sociale s’est terriblement dégradée, si bien, qu’aujourd’hui, 52 de la population vit sous le seuil de pauvreté et 30 est au chômage. Les associations caritatives et les CCAS sont dépassés par l’ampleur de la demande en colis alimentaires ou bons divers. Le “reste à vivre” de nombreuses personnes ne dépassent pas 5 euros par jour.
Voilà pourquoi nous sollicitons le Président de la République, garant de l’Egalité entre les Citoyens. Nous vous demandons d’examiner la faisabilité des propositions contenues dans l’Appel de l’Ermitage, en particulier la sanctuarisation d’un “reste à vivre” d’au moins 10 euros par jour, soit 300 euros mensuels, nets de toutes charges.
En terme de pouvoir d’achat, ces 300 euros représentent tout juste l’équivalent de 200 euros, selon les critères de vie chère qui permettent à l’Etat, depuis un demi siècle, d’accorder 35 de supplément de revenus à ses agents. En effet, la vie est chère pour tous, y compris les plus pauvres.
Monsieur le Président,
Nous saisissons également cet instant pour vous demander de soutenir l’initiative des Députés au Parlement européen en faveur d’un Fonds Européen d’Aide aux plus Démunis d’un montant de 4,5 milliards pour 7 ans. Selon les associations caritatives, en Europe, en France et à La Réunion, c’est un minimum incompressible.
Vous remerciant de l’intérêt que vous porterez à notre réflexion d’abolir l’extrême pauvreté, recevez, monsieur le Président, l’expression de notre très haute considération. »
| Appel de l’Ermitage Éradiquer la grande pauvreté Voici des extraits de l’Appel de l’Ermitage lancé le 18 décembre dernier.
De plus en plus de Réunionnaises et de Réunionnais souffrent en silence dans des situations d’extrême pauvreté. Les cas sont différents, mais ils ont un point commun : un revenu très faible versé par l’État et un “reste à vivre” dérisoire. (…) Pour beaucoup, cette somme s’élève en moyenne à moins de 120 euros pour le mois. C’est-à-dire tout juste 4 euros par jour ! Même pas le prix “in barquette mangé”. Nous avons décidé d’agir, ce 18 décembre 2012, pour réclamer l’abolition de l’extrême pauvreté à La Réunion, avant 2015. En effet, dans le cadre des OMD (Objectifs du Millénaire pour le Développement), 2015 est la dernière année fixée par l’ONU pour « éradiquer l’extrême pauvreté dans le monde ». La France a signé cet objectif n°1. (…) Les signataires présents ce jour appellent à : - procurer un « reste à vivre » supérieur à 10 euros par jour à chaque Réunionnais, soit 300 euros mensuels, nets de charges ; - effacer la dette des plus pauvres ; - supprimer la loi qui oblige les enfants à rembourser l’allocation vieillesse des parents ; - assurer à chacun une activité de proximité qui leur permettra d’avoir une retraite décente ; - sortir de la pauvreté par le développement des AGR (activités génératrices de revenus) |
| Le Blog de l’Appel de l’Ermitage
Le blog de l’Appel de l’Ermitage est en ligne. Pour le consulter : appeldelermitage.wordpress.com
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Rapport sur les riches publié par l’Observatoire des inégalités
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