Droits humains

Libye - Birmanie, mêmes crimes, mêmes raisons, deux comportements de la communauté internationale

Jean / 7 décembre 2017

« Des actes d’une effroyable barbarie commis contre les Rohingyas qui ont consisté à brûler à mort des [Rohingyas] dans leur maison, tuer enfants et adultes, tirer au hasard sur des civils qui s’exilent, violer femmes et jeunes filles, incendier et détruire habitations et écoles, marchés et mosquées ». (Zeid Ra’ad al-Hussein - Haut-commissaire des Nations unies aux droits de l’homme). 

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• Libye 

À la demande de la France et de l’Angleterre, l’ONU, pour protéger la vie des Libyens insurgés contre le régime de Kadhafi, avait autorisé des bombardements par air et depuis des navires de guerre afin de clouer au sol l’aviation libyenne. 

Puis, en violation des dispositions de la résolution de l’ONU, les éléments des brigades de choc française et britannique sont intervenus au sol aux côtés des insurgés. 

Depuis, la Libye a sombré dans un chaos d’une ampleur telle qu’il n’y a plus d’État libyen, l’insécurité est partout. Des factions de gangsters armés par la France et le Royaume-Uni, se combattent pour le contrôle des provinces, des puits de pétrole et parfois même d’une rue. 

Mais les pays à l’initiative desquels ce dépeçage a eu lieu, s’en moquent. Ils ont obtenu les droits d’exploitation des meilleurs gisements d’hydrocarbures, alors qu’importe le sort des civils libyens ! 

• Birmanie 

En Birmanie, les Birmans Rohingyas sont victimes de pogromes [1] au prétexte d’être ce qu’ils sont : des Rohingyas et donc des musulmans. 

Mais la religion n’est qu’un odieux prétexte car, ce qui tant intéresse les chefs militaires de l’armée birmane, c’est ce qu’on trouve sous les maisons, les mosquées et les zones industrielles où vivent et travaillent les Rohingyas : le pétrole et le gaz. 

Et les militaires, installés au pouvoir, abrités qu’ils sont par leur Prix Nobel de la Paix, Mme Aung San Suu Kyi, ont perfectionné leur technique pour s’approprier des ressources minières de leur patrie. Dans le Kachin, région la plus au Nord de la Birmanie, ils ont procédé de la même façon. 

La Birmanie est le premier producteur mondial de jade. Et d’où extrait-on 90% du jade birman ? De la province du Kachin ! Et c’est donc là que les militaires birmans ont mis en place le processus leur permettant de faire place nette : extorsions, tortures, humiliations, meurtres, utilisation de boucliers humains, viols, travail forcé, destructions de villages entiers, etc.

Le fruit de ces exactions pour la maîtrise du jade est très intéressant : 31 milliards de dollars pour la seule année 2014 !

Et savez-vous en quelle année la guerre du jade a repris après 17 années de Paix ? En 2011. 

En 2011. Exactement au même moment où, alléguant d’un possible massacre [2], la France et le Royaume-Uni unissaient leurs forces pour démanteler la Libye et reprendre ainsi la main sur les champs d’hydrocarbures libyens. 

Pour reprendre le contrôle d’une partie de ces champs d’hydrocarbures, la communauté internationale, à la demande de la France et du Royaume Uni, leur a donné le droit d’intervenir « pour éviter un massacre pire que celui de Srebrenica ». 

Par contre, pour mettre fin à un massacre avéré, celui des Rohingyas dont il est interdit de prononcer le nom, la communauté internationale parle, parle, parle … tandis que sont déportés, violés, massacrés, par centaines de milliers, les Rohingyas. 

Jean

[1À l’origine, “Pogrom” est un mot russe signifiant « dévaster, démolir violemment ». Les Russes de confession juive étaient la cible des pogromes. Aujourd’hui, les pogromes sont des actions sanglantes dirigées contre une minorité ethnique ou religieuse. 

[2« Si Kadhafi était entré dans Bengazhi, Srebrenica à côté serait passé pour un non-événement[…] » Nicolas Sarkozy - 23 mars 2011