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La FRSCV cesse, mais la Marche Blanche continue
26 novembre 2005

Mise en place en 1998 par une poignée de militantes pour les droits des femmes, la Fédération régionale de solidarité contre les violences (FRSCV), vouée au soutien et à l’écoute des victimes, vient de mettre la clé sous la porte. Ce n’est pas la pertinence de son action, reprise par les institutions, qui est en cause, mais les subventions accordées.
Sans entrer dans des polémiques partisanes stériles, à la veille de la Marche Blanche de dimanche qui marque une solidarité partagée pour les femmes victimes de violences, la fermeture de la FRSCV conduit de nouveau à réfléchir au manque de reconnaissance du travail associatif.
Liquidation
Il y a 7 ans, la FRSCV a mis les pieds dans le plat des tabous pour venir en aide aux femmes victimes de violences. Si cette démarche bénévole ne s’est pas faite sans peine, c’est aujourd’hui "la mort dans l’âme" que sa présidente, Céline Lucilly, met la clé sous la porte.
En 2004, pour compenser la diminution des subventions de la DRASS, elle fait appel au Conseil général et à la déléguée aux Droits des femmes pour obtenir une subvention d’équilibre. En dépit de rapports d’activités et financiers favorables, elle n’obtient pas la rallonge budgétaire nécessaire à la pérennisation de l’association.
À elle seule, la cotisation des adhérents était trop insuffisante pour tenir la barre. La FRSCV est aujourd’hui en liquidation et doit vendre son matériel pour payer la part des salaires dus à la sécurité Sociale et le loyer du local.
Message unitaire
Que l’action menée par la FRSCV pendant toutes ses années (écoute des victimes, soutien, partenariat avec la justice, mise en place du "carrefour des violences"...) soit poursuivie par les institutions est une bonne chose. Mais que cela se fasse dans le déni du travail accompli, des militants qui ont donné sans compter, c’est regrettable.
Après la révolte, l’abattement, Céline Lucilly se redresse pour continuer le combat en faveur des femmes. "Ma détermination reste intacte." Avec les associations partenaires de la FRSCV, des non-membres (ATD Quart Monde, Groupe de dialogue inter-religieux,...), des amis, elle a impulsé pour sa seconde édition la Marche Blanche de dimanche. "Les associations ont fait bouger les choses, mais la violence est toujours là, notre mission continue. Cette mobilisation doit permettre de faire passer un message unitaire. Les violences faites aux femmes sont l’affaire de tous", soutient Céline Lucilly. Et celles faites à la FRSCV ?
Estéfani
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