Économie réunionnaise : le calme avant la tempête
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L’histoire de David V.
10 septembre 2005

David V. a la trentaine et boit régulièrement depuis une vingtaine d’années. Aujourd’hui, sa vie familiale et sa vie professionnelle sont menacées.
David V. a rencontré l’alcool dès l’enfance. En vacances chez ses grands-parents, ils lui offrent régulièrement à la fin des repas un peu de vin mélangé à du sucre. "Le goût était agréable", se souvient-il. Il se rappelle "des rencontres dominicales où les repas étaient bien arrosés". Mais, "tout se passait dans la bonne humeur", précise-t-il. Mais il constate qu’au fil du temps, "l’ambiance se dégradait, à chaque rencontre survenaient des disputes pour un oui ou pour un non".
Les tournées se multipliaient
À la maison, l’alcool a tout changé. À chaque fois que "mon père buvait, il se mettait en colère". Un jour, précipitamment "nous avons quitté une réception. Il avait bu et il conduisait à vive allure. Arrivé au foyer, il m’a roué de coups. Aujourd’hui je me demande encore pourquoi ? Lorsqu’il venait me chercher au collège, il s’arrêtait toujours aux mêmes boutiques. Les tournées de rhum, de whisky, de bière s’enchaînaient. J’attendais des heures dans la voiture".
Conséquences au niveau de la scolarité : "mes notes ont chuté, je suis passé du bon élément au mauvais éléments. En effet chez moi, les disputes et les bagarres se multipliaient. Une fois, le pire a été évité avec l’intervention des voisins. Comment apprendre dans ces conditions ? Malgré tout, je me suis accroché et tant bien que mal j’ai réussi à gravir les échelons". C’est dans ce contexte que David V. "a commencé à boire dès l’adolescence".
L’alcool plus le zamal
À chaque sortie, "les boissons alcoolisées étaient présentes", se rappelle-t-il. "Une fois, je l’ai mélangé avec du zamal. Le lendemain, je me suis réveillé sans aucun souvenir de la veille". "En l’espace de 20 ans, ma vie familiale et professionnelle ont été chamboulées. L’alcool a détruit mon couple et j’ai eu des opportunités pour occuper des postes à responsabilités, que je n’ai pu saisir".
Aujourd’hui, "j’ai des douleurs au ventre, des crampes".
David V. se "détache doucement de cette drogue. J’ai conscience que ma vie est en danger".
Jean-Fabrice Nativel
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