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5 juin, parRapport sur les riches publié par l’Observatoire des inégalités
21 novembre 2006

“Témoignages” a décidé de consacrer chaque jour, jusqu’à samedi 25 novembre date de la Marche Blanche, ses colonnes à ce grave problème qui traverse notre société : la violence faite aux femmes. Au travers de ce mal, c’est notre société, c’est nous qui sommes interpellés dans notre façon de vivre ensemble.
Au dossier, aujourd’hui, nous versons le rapport accablant d’Amnesty International daté de février dernier.
“Les violences faites aux femmes en France, une affaire d’État”
« Une femme est violée toutes les 2 heures en France », une information délivrée par une journaliste de la 2 au 13h du vendredi 10 novembre. Terrible ! Malgré des initiatives associatives et le vote de lois, il semblerait, au vu de ce constat, que la situation des femmes d’une manière générale empire. Devant un tel constat, l’État doit prendre ses responsabilités. Ce n’est pas “Témoignages” qui le dit ! Mais le rapport d’Amnesty International France “Les violences faites aux femmes en France, une affaire d’État” rendu public le 8 février de cette année.
Cette étude d’Amnesty International France aborde un fait de société qui est de moins en moins passé sous silence selon les pays. Les chiffres tombent. En France, « tous les 4 jours, une femme meurt sous les coups de son partenaire » révèle une enquête nationale de 2003. Effrayant !
Toutes les 2 heures en France, une femme est violée
Pour cette organisation, la violence à l’encontre des femmes est une « affaire d’État » et non, comme le pensent beaucoup, « une affaire privée ne relevant que de l’intime ». Depuis 2004, elle mène une campagne mondiale pour dénoncer toutes les brutalités à l’encontre les femmes. Cette violence est « une atteinte grave aux droits humains » et « l’État est comptable de ces violences ». La France, puisque cette enquête porte sur elle, a signé les principaux traités relatifs aux droits humains. Elle est connue pour être la terre des droits de l’Homme. En conséquence, elle est « responsable du respect de la dignité et des libertés fondamentales de chacun sur son sol ».
En France, les femmes victimes de violences ont des droits d’après les lois. Mais « se limiter à mettre ces lois en conformité avec les normes internationales ne suffit pas. Les autorités françaises doivent se donner les moyens nécessaires pour que ces droits soient véritablement respectés, garantis et protégés. Ceci implique non seulement de sanctionner les auteurs de violences, d’offrir des réparations adéquates aux femmes victimes, mais aussi de prendre toutes les mesures pour prévenir les violences », met en évidence le rapport.
Les femmes ont des droits !
Mais quels sont ces droits ? Ils sont si élémentaires. « Le droit de vivre libre de toute torture ou traitement dégradant ou humiliant, le droit à la vie, le droit de consentir librement au mariage, le droit aux meilleures conditions de travail, de logement, de santé, le droit à une protection égale devant la loi, le droit de vivre libre de toute discrimination fondée sur le genre, la race, l’appartenance religieuse ou sociale ». Pour peu, on les oublierait !
Il est difficile de définir la violence. Pour l’Assemblée générale des Nations Unies de 1993, il s’agit de « tous actes de violence dirigés contre le sexe féminin et causant ou pouvant causer aux femmes un préjudice ou des souffrances physiques, sexuelles ou psychologiques, y compris la menace de tels actes, la contrainte ou la privation arbitraire de liberté, que ce soit dans la vie publique ou dans la vie privée ». La déclaration sur l’élimination de la violence à l’égard des femmes l’expose au plan physique, sexuel et psychologique. Elle est exercée dans la famille « y compris les coups, les sévices infligés aux enfants de sexe féminin au foyer, liées à la dot ». Elle a lieu en collectivité « y compris le viol, l’intimidation au travail, le proxénétisme et la prostitution forcée ». « Qu’elle soit perpétrée ou tolérée par l’État, où qu’elle s’exerce ».
Sanctions, prévention, réparation
« Le droit international relatif aux droits humains impose aux États un certain nombre d’obligations. La plus évidente est l’obligation selon laquelle les États doivent mettre leur législation en accord avec les traités qu’ils ont signés ou ratifiés, et s’assurer que leurs agents respectent l’ensemble des droits humains. Les États ont aussi l’obligation de s’assurer que ces droits se concrétisent dans la pratique, aussi bien en termes de sanctions à l’égard des auteurs que d’actions de prévention et enfin en termes de réparations aux victimes ». Qu’en est-il réellement dans la pratique ?
J.-F. N.
Signes apparents...
... de la violence de l’homme envers la femme aux conséquences graves. « Il vous empêche de voir votre famille et amis. Il vous abaisse en vous injuriant de façon à ce que vous vous sentiez stupide, folle ou bonne à rien. Il menace vos enfants ou votre propre personne de violence si vous tentez de le quitter, de parler ou de demander de l’aide. Il vous gifle ; fait trébucher, frappe, brûle, bouscule, donne des coups de pied, tente de vous déranger ou vous lance des objets. Il vous refuse de l’argent pour la nourriture, le loyer, les vêtements ou les factures. Il détruit vos biens personnels. Il vous force ou refuse d’avoir des relations sexuelles. Il blesse vos animaux domestiques ou menace de le faire ».
Pourquoi une femme décide de rester dans la “cellule” familiale ?
Elle a la peur de voir son partenaire se venger sur elle et/ou ses enfants. Elle aime toujours son partenaire et pense qu’il changera de comportement. Elle croit qu’il est préférable que les enfants vivent avec les 2 parents. Elle n’a pas suffisamment d’argent. Elle se trouve en état de détresse ou de désespoir. Qui contacter dans telle situation ? Elle ne sait pas. Et elle pense n’avoir aucun endroit où aller.
J.-F. N.
Rapport sur les riches publié par l’Observatoire des inégalités
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