La concentration de richesses révèle l’ampleur des inégalités dans les anciennes colonies intégrées à la République française comme La Réunion
5 juin, parRapport sur les riches publié par l’Observatoire des inégalités
27 novembre 2006

À l’occasion de la Journée internationale pour l’élimination des violences faites aux femmes promulguée par l’ONU, 300 personnes ont répondu samedi après-midi à l’appel du Collectif d’associations pour marquer leur solidarité en faveur des victimes, mais surtout dénoncer les violences faites aux femmes. Victimes, parents de victimes disparues sous les coups, représentants politiques et institutionnels, mais peu de citoyens au final pour dénoncer cette violence qui touche notre société et celles du monde.
Cortège blanc et fleurs blanches, couleur de la paix, comme un signal à l’apaisement, à la trêve dans ces violences. Les familles et amis des victimes disparues avaient le visage grave, portant avec eux la photo de l’être cher car derrière ce visage. Et l’on a besoin d’apaisement dans notre société marquée au quotidien par la violence. Une brutalité dans les paroles et dans les gestes qui touchent dans une proportion beaucoup plus importante, les jeunes femmes, les femmes et les mères de notre société.
C’est parce qu’elle est consciente de la dimension du problème que Isaline, 15 ans, a participé samedi à cette marche blanche, revendication silencieuse pour dire non à l’inacceptable. Elle ne la vit pas directement, ni elle ni ses proches ne sont victimes, même si elle sait que certainement à côté d’elles, d’autres n’ont pas cette chance. Avec son amie Anaelle, 12 ans, elles ont donc battu le pavé par esprit de solidarité et parce qu’en tant que jeunes, « nous sommes les futurs adultes de demain. » Isaline confie : « si mon mari lève la main sur moi, il aura à faire à moi » et elle précise qu’il ne faut pas perdre à l’esprit que « s’il n’y avait pas les femmes, les hommes ne seraient pas là ».
A la base, il s’agit d’un problème de respect, une des valeurs que défend le syndicat d’Ivan Hoareau qui sans bannière, était présent en tant qu’homme réunionnais, en tant que citoyen. Cette violence physique mais aussi psychologique à l’encontre des femmes est selon lui inadmissible et doit donc être dénoncée. « On ne peut pas défendre les salariés en entreprises et accepter que l’homme batte sa femme, c’est une cause à défendre ». Pour Jean-Marc Gamarus, la violence est un fléau qui touche la famille dans son intégralité. « On est solidaire, il faut que les choses évoluent. Et vu l’ampleur des drames qui agitent La Réunion, on aurait du selon lui se mobiliser plus. Aujourd’hui, les enfants veulent mourir plus vite, ils s’investissent très tôt dans une relation à 16 ans comme s’ils se mettaient en ménage. Le sentiment de possession est plus fort ». Le respect une valeur fondamentale aussi pour la porte-parole du comité local “Ni Pute Ni Soumise” qui a vu le jour en octobre 2006 à La Réunion. Sofiya pense en effet que le respect c’est comme une langue vivante, cela s’apprend dès le plus jeune âge et déplorait que plus de jeunes ne se soient pas joints à la marche de samedi.
« Les associations réalisent un important travail, mais c’est tous les jours qu’il faut des moyens pour lutter contre ces violences. La répression des violences ne suffit pas, il faut prévenir, accompagner les victimes, former les professionnels ».
Rapport sur les riches publié par l’Observatoire des inégalités
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