Droits humains

Mobilisation du Kolketif Vanina

Lutte contre les violences faites aux femmes à Saint-Leu

Julie Pontalba / 17 février 2020

Le Kolektif Vanina Galais-Ferard s’est réuni ce vendredi 14 février devant la mairie de Saint Leu pour alerter et sensibiliser sur le fléau des féminicides.

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Cela fait depuis mi-novembre que le collectif se déplace dans les communes de l’île pour sensibiliser les décideurs politiques ainsi que les habitants. Après Saint-Denis, Plaine des Palmistes, Salazie, Saint-Benoit, Bras-Panon, Sainte-Suzanne, c’est à Saint-Leu, ville native de Noëline, que le collectif s’est arrêté.

Le Kolektif Vanina, a été créé il y a peu, à l’initiative de Noëline Ferrard, la mère de Vanina victime de feminicides. Son but porter la parole ! Démystifier le sujet pour faire que plus jamais ce qui est arrivé à sa fille Vanina ne se reproduise.

Pour rappelle, Vanina était une jeune et brillante étudiante en médecine, elle n’avait que 19 ans quand elle a été sauvagement tuée dans la nuit du 2 au 3 mai 2018. Une “scène d’une rare violence” selon les experts. Pourtant ce jour-là les autorités compétentes avaient été plusieurs fois alertées par Noëline, et dans la nuit du drame les voisins, eux aussi, avaient donné l’alerte, sans que rien ne soit fait !

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Ils étaient donc une cinquantaine ce vendredi matin devant la mairie de Saint Leu pour échanger et faire progresser la réflexion sur ce fléau des violences faîtes aux femmes. Elus, administratifs, futurs candidats, artistes ou simples citoyens sont venus écouter le message porté par Noëline Férrard et les membres de son collectif dont : Marie-Claude Narayanin, Christian Jalma, Patric Cazanove, Henri-Pol Lebeau, Beatrice ainsi que la famille de Noëline.

Rien n’était tabou. Après l’intervention poignante de Noëline puis des membres du collectif, chacun pêle-mêle, a pu s’exprimer librement. Du rôle de l’éducation à la responsabilité de l’état dans la gestion de ce problème, du peuplement de notre île qui s’est fait dans la violence de l’esclavage au système colonial qui perdure. Les autres formes de violences comme la violence de ne pas pouvoir s’exprimer dans sa langue maternelle, la violence de ne pas pouvoir apprendre son histoire, la violence de ne pas pouvoir travailler dans son pays, les violences morales… Il y a eu les précieux témoignages et des messages de soutien. Des discours, des fonnkers, des chansons, tous ceux qui le souhaitaient ont pu s’exprimer.

Cependant, le thème essentiel était bien celui des violences tournées vers les femmes. Noëline a tenu a rappelé qu’un courrier a été envoyé aux élus et à l’ONU, pour que, notamment, les autorités réagissent de manière plus adaptée aux appels des victimes, “qu’elles n’attendent pas la mort pour ce déplacer”. Ce courrier a été remis en main à l’élue de Saint Leu ce jour.

Vous pouvez soutenir ou vous engager auprès du collectif en appelant au 0692276940.