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par le Dr Raymond Vergès

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Nord de l’Éthiopie : manque de moyens pour soigner malades et blessés

Appel de la Croix Rouge

mercredi 19 janvier 2022


Le conflit dans le nord de l’Éthiopie continue d’évoluer, causant le déplacement de centaines de milliers de personnes et mettant à très rude épreuve le système de santé et le personnel médical dans toute la région. Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) est profondément préoccupé par la pénurie de fournitures médicales, notamment de médicaments et de matériel.


La Croix Rouge intervient en Éthiopie dans les camps de réfugiés.

Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) est profondément préoccupé par la pénurie de fournitures médicales, notamment de médicaments et de matériel. Les services de santé manquent d’articles essentiels et certaines infrastructures ont été gravement endommagées – ce qui rend l’accès aux soins médicaux extrêmement difficile et menace la survie même des habitants.

Le CICR adapte ses activités d’assistance en donnant la priorité aux personnes les plus vulnérables, mais sa capacité d’intervention est limitée par l’épuisement des fournitures médicales. Les effets combinés des combats, de l’insécurité et des difficultés d’accès entravent en effet fortement l’acheminement des secours humanitaires.

« Remplacer le désinfectant par du sel pour nettoyer les plaies »

« Certains hôpitaux de l’Amhara ont dû fermer leurs portes faute de médicaments », explique Micha Wedekind, responsable des opérations du CICR dans les régions d’Afar et de l’Amhara. « Des personnes atteintes de maladies chroniques meurent chaque jour et des femmes doivent accoucher chez elles car les structures de santé, souvent privées d’électricité ou d’eau, ne sont plus opérationnelles. »

« Au Tigré, certaines équipes sont forcées de laver et réutiliser des articles à usage unique tels que des gants, du matériel chirurgical et même des drains thoraciques, ce qui augmente le risque d’infection. Des médecins ont dû remplacer le désinfectant par du sel pour nettoyer les plaies », témoigne Apollo Barasa, qui coordonne les activités de santé à la délégation du CICR en Éthiopie. « Des médicaments périmés sont distribués aux patients, les centrales de production d’oxygène ne fonctionnent plus et certains établissements de santé sont à court de vaccins de routine. »

Le CICR rappelle à toutes les parties au conflit l’obligation qui leur incombe de faciliter sans délai la fourniture de l’aide humanitaire à celles et ceux qui en ont le plus besoin :

« Nous avons apporté ce mois-ci un soutien médical à sept structures de santé autour de la ville de Dessie, notamment à Hayk, Mersa, Woldiya et Kobo. En collaboration avec la Croix-Rouge éthiopienne, nous avons soutenu tout au long de l’année 2021 130 centres de santé dans les régions de l’Amhara, d’Afar, du Tigré, d’Oromia et de Somali. Plus de 110 000 personnes ont bénéficié de nos programmes médicaux et 9800 ont reçu des soins de physiothérapie et d’aide à la mobilité. »

Au-delà de l’assistance médicale, la situation alimentaire et l’accès aux moyens de subsistance dans le nord de l’Éthiopie restent une source de préoccupation pour le CICR. « La semaine dernière, nos équipes sont parvenues à apporter une aide humanitaire aux communautés de Lalibela (Amhara) pour la première fois depuis six mois : 2500 personnes ont ainsi reçu des vivres et 6000 personnes des articles ménagers tels que des matelas, des jerrycans, des ustensiles de cuisine et des lampes solaires. Par ailleurs, nous avons distribué des articles ménagers et d’hygiène de première nécessité à plus de 900 personnes déplacées à Mekele ».

Enfin, sans pour autant suspendre ses opérations dans la région, le CICR est profondément préoccupé par les informations récentes faisant état de la poursuite des combats dans le nord de l’Éthiopie. Des pertes civiles seraient à déplorer, notamment à la suite des dernières frappes aériennes.

« Nous appelons donc toutes les parties au conflit à respecter les règles et obligations du droit international humanitaire, lesquelles disposent que les civils doivent être protégés contre les attaques et que toutes les mesures pratiquement possibles doivent être prises pour vérifier que les cibles envisagées sont bien des objectifs militaires. Les civils doivent en outre être éloignés des objectifs militaires dans la mesure du possible. »


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