Économie réunionnaise : le calme avant la tempête
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Les familles Hivanohé et Baleya déterminées
5 août 2005

Alain Hivanohé et Jean-Philippe Baleya, détenus à la prison de Beau-Bassin à Maurice pour ’trafic de zamal’, ont commencé une grève de la faim depuis le dimanche 31 juillet 2005. Leurs vies sont réellement en danger. Leurs familles demandent aux autorités française et mauricienne, et plus précisément à son ministre de la Justice, de faire le nécessaire pour le transfert des deux détenus vers une prison réunionnaise.
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"Depuis l’île Maurice, des trafiquants de zamal envoyaient de l’argent sous forme de mandat postal à Alain situé à La Réunion", explique sa mère Marie-Ange Hivanohé. Puis "Alain Hivanohé achetait le zamal sur le marché local tandis que Jean-Philippe Baleya se rendait à Maurice pour remettre le stupéfiant au chef d’un réseau".
"Le matin du 29 janvier 2002, les policiers mauriciens interpellent Jean-Philippe Baleya à l’aéroport de Plaisance. Les policiers découvrent à l’intérieur d’une planche de surf 5 kg de zamal. Les policiers mauriciens auraient demandé à Jean-Philippe Baleya d’appeler Alain Hivanohé pour lui dire que tout s’est bien passé". Ce même jour, Alain Hivanohé achète un billet d’avion pour Maurice. Il arrive à 17h et les policiers mauriciens l’interpellent", explique la famille Hivanohé et Baleya.
Empoisonné et hospitalisé
"Les policiers en conduisent un au commissariat de Port-Louis et l’autre à Plaisance. Ils restent en garde-à-vue pendant un mois environ. Puis, ils sont transférés à la prison de Beau Bassin où ils se trouvent en détention provisoire". Le 12 mars 2003,"le Tribunal de Port-Louis rend son verdict : Alain Hivanohé est condamné à 12 ans d’emprisonnement et Jean-Philippe Baleya à 20 ans". Ils retournent à la prison de Beau Bassin "où pour préserver leur sécurité, ils sont mis au mitard. Et à deux reprises, Alain Hivanohé a été empoisonné puis hospitalisé".
Selon les familles, "l’arrestation d’Alain Hivanohé a permis de démanteler un important réseau de zamal. En mai et juillet de cette année, les dealers mauriciens ont été jugés et condamnés à de lourdes peines de prison dont 45 ans pour certains. Depuis cette sentence, les détenus réunionnais et leurs parents sont menacés de mort par les familles des trafiquants mauriciens". Aujourd’hui, les familles Hivanohé et Baleya demandent "aux autorités mauriciennes et françaises, le transfert des deux détenus réunionnais vers une prison réunionnaise".
Jean-Fabrice Nativel
o En grève de la faim depuis dimanche
Alain Hivanohé et Jean-Philippe Baleya, âgés respectivement de 29 ans et de 31 ans, ont débuté une grève de la faim à la prison de Beau Bassin. D’après les familles : "manzé ban na i manz lo chien i manz pa".
o Entre janvier 1996 et avril 2002, 13 cas de morts en garde-à-vue à Maurice
Dans un document public datant de juillet 2002 pour le maintien de l’ordre et protection à Maurice, Amnesty International alerte l’opinion publique sur le fait qu’"au moins 13 cas de morts en garde-à-vue, survenus entre janvier 1996 et avril 2002 ont fait, ou sont en train de faire, l’objet d’une enquête judiciaire pour rechercher les causes de la mort en détention... Des détenus et des suspects de droits communs, dont des enfants, ont accusé la police d’avoir eu recours à la torture ou à d’autres formes de mauvais traitements, généralement pour leur extorquer des aveux. Les enquêtes ouvertes par la Commission nationale des droits humains, le bureau des plaintes contre la police et le ministère public sur les morts en garde-à-vue n’ont donné lieu à aucune mesure disciplinaire ni poursuites en justice contre des policiers. Cependant à la suite d’allégations de brutalités policières dans cinq cas entre avril et mai 2002, des policiers ont été interrogés ou suspendus de leurs fonctions dans le cadre d’enquêtes menées par la police...".
o Règlement de compte en prison à Maurice
Dans son édition du mardi 12 juillet 2005, le journal “le Mauricien” explique dans ses colonnes, qu’une bagarre a eu lieu en prison entre détenus la veille. "Un règlement de comptes entre deux gangs lié au trafic de drogue à la Remand prison de Grande-Rivière-Nord-Ouest a eu pour conséquences : la mort d’un détenu (...) deux blessés graves (...) et au moins quatre arrestations... L’autopsie pratiquée (...) a révélé que Steve Labonne a succombé à de multiples blessures. L’examen post-mortem a également permis aux médecins de la police de récupérer pas moins de six paquets contenant de la poudre de couleur blanchâtre dans la bouche de la victime...". Les armes utilisées lors de cette agression mortelle "un sabre et trois cutters" ont été saisies.
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