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Information du Comité Solidarité Chagos La Réunion : les Chagossiens continuent la lutte
31 janvier 2017

L’année 2016 s’est terminée sur un véritable coup de poignard asséné dans le dos des Chagossiens. Refus catégorique d’ouvrir - après 50 ans !- l’accès à la terre ancestrale des Chagos. Refus signé Londres et Washington, complices de ce qui est, nul ne peut le nier, un crime contre l’humanité. Mais Olivier Bancoult a le cœur solidement accroché. Mais les femmes et les hommes du Groupe Réfugiés Chagos n’ont pas renoncé à LUTTER POUR LEUR DIGNITE. C’est ce que montre la note d’information du Comité Solidarité Chagos La Réunion adressée hier aux médias.
Le gouvernement de Grande-Bretagne avait pensé qu’en annonçant en novembre dernier une « compensation financière » pour les Chagossiens, elle allait réduire à néant leur combat pour leur droit au retour aux Chagos, ce droit bafoué depuis un demi-siècle par Londres comme par Washington. La réalité est tout autre. Olivier Bancoult, au nom du Groupe Réfugiés Chagos, vient de le réaffirmer avec force : « Notre dignité n’est pas à vendre ». Dans une lettre qu’il adresse au Foreign Office, il prend les Britanniques à contre-pied : « Le fonds prévu pour les “compensations” doit servir à financer la réinstallation des Chagossiens aux Chagos ». Et il ajoute : « Nous continuerons la lutte aussi longtemps qu’il le faudra pour obtenir justice ».
Dans cette lettre, le dirigeant chagossien refuse le piège tendu aux Chagossiens qui, s’ils répondaient aux sirènes de la soi-disant “compensation”, reconnaîtraient que l’affaire est soldée, que l’histoire est effacée, et qu’il n’y a plus rien à revendiquer au nom des droits humains. L’exil forcé hors de sa terre natale relève d’un crime qu’il est impensable de vouloir faire oublier par des « compensations financières ». C’est pourquoi Olivier Bancoult distingue deux choses, qu’il faut bien séparer.
Il y a d’une part le fonds annoncé par Londres (45 millions d’euros sur 10 ans). Il ne peut en aucun cas être considéré comme une compensation au demi-siècle de déportation et de souffrance du peuple chagossien. Il ne peut se justifier qu’en constituant un financement de la réinstallation des Chagossiens aux Chagos. C’est ce que veulent les Chagossiens, qui ne sont pas prêts à renoncer à l’espoir qui les fait survivre depuis 50 ans.
Et il y a d’autre part un « impératif moral » face aux vies détruites de familles déportées et acculées à des conditions de vie insupportables. Dans sa dernière conférence de presse, Olivier Bancoult a revendiqué le versement d’une pension à vie pour les victimes : « C’est un dû qui n’a rien à voir avec un renoncement à notre lutte ». Bien au contraire, les Chagossiens affirment haut et fort que « nos actions vont continuer pour ne pas laisser nier notre droit essentiel à vivre sur notre terre ».
La question est donc posée au gouvernement britannique, qui doit comprendre que le peuple des Chagos ne renoncera jamais à son but final, et surtout pas pour un versement d’argent dérisoire, au moment même où le bail sur Diego Garcia vient d’être renouvelé sans aucune ouverture sur un retour possible et progressif des Chagossiens.
Ce refus total de Londres d’écouter le cri de révolte chagossien date du 16 novembre dernier. Jusqu’à cette date, Britanniques comme Américains avaient laissé entrevoir une possibilité de trouver une solution. Le choc de cette décision totalement arbitraire a été terrible pour la communauté chagossienne. Leur assemblée générale du 27 novembre comme leur manifestation du 13 décembre devant l’ambassade de Grande-Bretagne à Port-Louis ont montré que les Chagossiens, toutes générations confondues, sont prêts à des actions significatives, à la hauteur du crime commis à leur encontre.
Georges Gauvin, président du C.S.C.R.
Alain Dreneau, secrétaire
Nos peines
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