« On me dit souvent : sale Comore... »

21 mars 2007

Une parole violente et raciste, voilà ce qui se dit sur les bancs de l’école de nos jours. La suite est de la même teneur : « ... t’es noir et bête, tu n’iras pas loin, retourne dans ton pays... ». La réponse du Comorien face à cette agression est surprenante : « ... mais moi je dis que je suis libre et heureux. Osons dire à ceux qui sont racistes d’arrêter, et luttons ensemble ». Lui, le Comorien humilié, n’a pas de haine pour celui qui l’a méprisé. Bien au contraire, il l’invite à le rejoindre pour mettre un terme à toutes les discriminations. Il nous donne là une leçon de vie.

Livrer bataille à toutes les discriminations

Une histoire racontée par Patrice Boyer, le Secrétaire général de la Fédération des Œuvres Laïques (FOL) Saint-Denis. Un cas parmi tant d’autres, on peut le souligner. Pour que de tels actes malveillants ne se renouvellent plus, depuis la rentrée de l’année dernière, la FOL, par l’intermédiaire du Centre Action Prévention, travaille sur les différentes discriminations avec des collégiens de 10 établissements scolaires dionysiens. Ces discriminations sont liées à l’origine ethnique, sociale ou à un handicap.

Cependant, la FOL mène ce travail depuis 4 ans. Des initiatives ont retenu une attention populaire, à l’exemple du Village Fraternel édifié sur le parvis des Droits de l’Homme, à Champ Fleuri Saint-Denis. Si, dès à présent, à La Réunion, on ne favorise pas le dialogue entre les Réunionnais, c’est sûr que l’on court à la catastrophe. Comment habiter une île non extensible ? Sortir de l’ignorance et des préjugés est une étape incontournable pour s’accepter les uns les autres.

Les Malgaches, les Mahorais et les Comoriens sont dans l’île depuis de nombreuses années. Enfant, à l’Entre Deux, je voyais mon grand-père ou ma grand-mère acheter des citrons ou des “vanes”. La conversation entre eux se poursuivait quelquefois à l’ombre du “pié jak”. Il y avait du respect entre eux, et c’est comme ça que j’ai grandi. Je suis surpris qu’aujourd’hui, des enfants malgaches, mahorais ou comoriens soient victimes de racisme. Sur les bancs du collège, lycée et de l’Université, je me suis lié d’amitié avec eux, jusqu’à présent.

« Noirs et Blancs, nous sommes tous égaux »

Pourquoi tant de racisme aujourd’hui à leur égard ? La FOL et le CAP les font parler sur ce qu’ils ont enduré ou endure encore. Ces organismes comptent aussi sur une évolution des mentalités. Le bassin scolaire est un bon terrain d’expériences. Et les résultats commencent à voir le jour. Fabien et Elvina nous transmettent le message suivant : « Le son de ta voix est différent de la mienne, mais je ne vois pas en quoi nous sommes différents que cela. Noirs et Blancs, nous sommes tous égaux ».

Le 21 mars prochain, 600 collégiens seront réunis toute la journée au Collège de Montgaillard à Saint-Denis. Toutes les discriminations seront passées en revue. Ils discuteront de leurs vécus et de leurs ressentis.

J.-F. N.


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Messages

  • moi je suis réunionnais éxilé en métropole soit disant qu’on est français, ici aussi ce probleme existe.souvent les dire des enfants relatent l’éducation des parents....


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