Objectifs de développement durable : retard considérable de La Réunion

Priorité à la lutte contre la pauvreté à La Réunion à 5 ans de l’échéance des ODD

9 juillet, par Manuel Marchal

À cinq ans seulement de l’échéance de 2030, le constat pour La Réunion est sans appel : l’île accuse un retard considérable dans la réalisation des Objectifs de développement durable (ODD), en particulier sur l’ODD 1 qui vise à éliminer la pauvreté. Avec près de 40 % de sa population vivant sous le seuil de pauvreté, La Réunion illustre de manière frappante l’écart entre les ambitions mondiales et les réalités locales. Cela rappelle que la lutte contre la pauvreté est une priorité à tous les échelons, notamment dans les politiques des collectivités.

Les données de l’INSEE montrent l’ampleur de la pauvreté à La Réunion. En 2023, le taux de pauvreté y atteignait 36,4 %, un chiffre qui place l’île comme le département le plus pauvre de la République française, très loin devant la moyenne française de 16,2 %. Plus d’un Réunionnais sur trois vit sous le seuil de pauvreté.
Cette pauvreté n’est pas seulement un chiffre ; elle se traduit par des réalités quotidiennes difficiles. Elle touche de manière disproportionnée les plus jeunes, avec près de la moitié des enfants mineurs (46 %, soit 108 200 enfants) vivant dans un ménage pauvre. Le niveau de vie médian dans l’île (21 250 euros par an) est également bien inférieur à la moyenne française (25 840 euros), illustrant un écart de richesse structurel.

La Réunion, un cas d’école du retard des ODD

La situation de l’île est emblématique du retard mondial pointé par le Rapport 2026 sur les ODD. Alors que ce dernier indique que seulement 36 % des cibles mondiales sont sur la bonne voie, La Réunion semble figée dans une trappe à pauvreté. Le taux de pauvreté de l’île est plus de deux fois supérieur à la moyenne française, et sans les prestations sociales, il bondirait à 50 %, soulignant une dépendance cruciale mais précaire à l’assisance de l’argent de la France.

Plusieurs facteurs expliquent ce retard structurel, que les ODD peinent à enrayer :

Un chômage de masse et un faible niveau de formation : Le taux de chômage élevé est identifié comme la première cause de la pauvreté, couplé à un faible niveau de formation initiale et une mauvaise maîtrise des savoirs de base avec une importante proportion d’illettrés malgré 10 ans de scolarité obligatoire dans l’école française.
Une précarité multidimensionnelle : La pauvreté ne se limite pas aux revenus. Elle englobe une privation matérielle et sociale touchant 4 Réunionnais sur 10, et se manifeste par des difficultés d’accès à l’emploi , à l’alimentation, au logement ou à une eau de qualité.
Des inégalités territoriales criantes : La pauvreté est exacerbée dans certains territoires. Dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville et dans certaines communes rurales comme Salazie ou Cilaos, plus d’une personne sur deux vit sous le seuil de pauvreté.

Un défi pour l’Agenda 2030

À l’approche de 2030, le cas de La Réunion démontre que les ODD, bien qu’étant une « feuille de route commune pour la paix », butent sur des réalités locales tenaces. L’appel du rapport 2026 à « passer des engagements à la mise en œuvre » résonne avec une acuité particulière dans ce territoire. Réduire de moitié la pauvreté, comme le stipule l’ODD 1, semble un objectif lointain tant les progrès sont lents et les défis demeurent immenses.

M.M.

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  • Bonjour et merci pour ces infos. C’est à la fois révélateur et affligeant, mais que font les décideurs car ils sont sans doute au courant, mieux que nous même, simples citoyens dont ont a bien besoin pour les élections locales et nationales, européennes aussi ? Et les nombreux prétendants aux différents postes ? En tout cas, ils ne pourront pas dire :"on n’est pas au courant", pire, "pas concerné", à l’écart de la réalité, cultivant leur entre-soi, tranquille. On verra bien. Ce que je propose pour aider les plus pauvres, ce serait de rendre les transports gratuits, sans oublier le futur train et les téléphériques à venir. Pas mal de communes françaises l’ont déjà fait, la dernière Montpellier où de nombreux étudiants poursuivent leurs études, d’autres ont choisi d’y vivre. Ainsi, plus de tickets, de cartes, de contrôleurs, du service public. Tout comme le Luxembourg qui l’a instauré aussi, depuis 2019 ; juste avant le Covid. Bonne fin de semaine, patience encore.


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