Témoignage : Soutien à Laurette

Quand La France et La Réunion ne portent plus leur nom

22 juillet 2006

Adamo est un ami du couple, il joue dans la même équipe de football que le fiancé de Laurette, celle de La Possession. Hier matin, avec un autre membre de l’équipe, il est venu apporter son soutien devant le Centre de rétention : "Je savais qu’il y avait une mobilisation ce matin, alors je suis venu soutenir mon ami parce que je ne veux pas qu’on renvoie sa femme. C’est vrai qu’elle est en situation irrégulière, mais elle n’est pas dangereuse pour la société. Elle est enceinte, son mari a un emploi ici. De plus, c’est une fille qui a eu beaucoup de problèmes : son père, gendarme en Côte d’ivoire, a été assassiné ainsi que ses 3 frères. Depuis Paris, tous les deux sont venus à La Réunion. Tout le monde sait que son homme est footballeur professionnel, que ce n’est pas un bandit. Ils sont déjà apparus côte à côte dans les journaux. Pourquoi l’expulser ? Son homme est ici, son avocat est ici. Si elle s’en va, nous aussi on quitte La Réunion. C’est pas possible ce qui arrive maintenant. Pour casser la mobilisation, le Préfet intervient sur les ondes et dit qu’elle est déjà hors de l’île. Mais elle est là. C’est sa vie qu’on essaie de chambouler. Qu’est-ce qu’elle fait de mal ? Dire qu’ils osent même mettre en doute sa grossesse".


Enfin libre !

Hier soir, au moment où l’équipe de journalistes de Témoignages bouclait le journal, tombait la nouvelle : Laurette Koré vient d’être libérée.
À vrai dire, la jeune femme qui a décliné l’offre du Préfet de rejoindre la métropole pour - soi-disant - se "rapprocher de l’Office de protection des réfugiés", et contrairement à ce qu’a dit avant-hier soir sur les antennes le Préfet et repris par notre confrère le “JIR”, n’a pas été transférée vers Paris. Elle est toujours sous la menace d’un avis d’expulsion, mais le dépôt de son dossier pour être reconnue comme réfugiée politique a suspendu la mesure administrative.
Son avocat Me Saïd Larifou, et ses soutiens Monica Govindin, conseillère générale et membre du PCR et Monique Couderc de la CGTR, réclamaient sa libération pour que Laurette Koré puisse, en retrouvant sa liberté de mouvements, rassembler tous les éléments nécessaires à la constitution de sa demande auprès de l’Office Français de Protection des Réfugiés et Apatrides (OFPRA).
Laurette Koré est sortie hier du centre de rétention. Elle a rejoint son compagnon, Franck-Olivier Kasso, footballeur professionnel qui joue dans l’équipe de La Possession, qui tout au long de cette épreuve a été à ses côtés.
La raison l’a emporté.


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