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24 décembre 2022, par

En cette veille de Noël 2022 à La Réunion, l’arrivée d’un bateau de réfugiés en provenance du Sri Lanka est annoncée. Ces réfugiés seront-ils encore tous traités comme des délinquants avec le risque d’être expulsé vers un pays où leur vie est en danger ? Plutôt que la stigmatisation voire la répression, il est grand temps de mettre l’accent sur l’éducation pour que les Réunionnais soient informés sur les raisons de la venue de réfugiés à La Réunion, et puissent tous retrouver le sens de l’hospitalité, une valeur commune des peuples de l’océan Indien et de l’Afrique.
Lissilamou Toumbou, président de l’Union des étudiants mahorais de La Réunion, était invité de la Matinale de Réunion Première radio le 24 novembre dernier. Il a notamment évoqué une des causes de l’arrivée de Mahorais à La Réunion : l’insécurité.
« On a remarqué ces dernières années qu’il y a beaucoup de personnes qui viennent scolariser leurs enfants ici, non pas parce qu’à Mayotte il n’y a pas d’école, non pas parce qu’à Mayotte il n’y a pas de place, tout simplement parce qu’à Mayotte il n’y a pas de sécurité ».
Or, la situation sociale à Mayotte est dans l’impasse. Pendant ce temps, la croissance démographique et la pression sur l’environnement s’accélèrent, avec comme illustration les pénuries d’eau. Si le système en place dans cette île ne change pas, les raisons d’immigrer à La Réunion vont se renforcer et les arrivées de réfugiés venant de Mayotte seront plus nombreuses.
D’autres réfugiés ne sont pas accueillis dans les mêmes conditions. C’est ce que rappelle l’arrivée attendue aujourd’hui à La Réunion d’un bateau venant du Sri Lanka. A son bord, plus de 40 personnes ont été contraintes de fuir leur pays pour chercher une vie meilleure dans notre île.
Les raisons de quitter le Sri Lanka sont nombreuses et sérieuses. Ce pays est plongé dans une grave crise depuis 10 ans. Pour limiter les importations, les autorités du Sri Lanka ont imposé une transition vers l’agriculture biologique sans transition. Les rendements se sont effondrés, les prix ont grimpé et un tiers des habitants du Sri Lanka sont en insécurité alimentaire.
Mais à la différence d’autres migrants venant à La Réunion, ces Sri-Lankais sont considérés comme des délinquants à leur arrivée sur la terre réunionnaise. Ils n’ont pas le droit de se mêler à la population et sont traités comme des prisonniers. Ce n’est pas le premier bateau de réfugiés à arriver à La Réunion. Et l’expérience montre que les autorités responsables de la gestion de l’immigration à La Réunion n’ont pas hésité à en renvoyer plusieurs dizaines d’entre eux au Sri Lanka, où leur vie est en danger.
Malheureusement, cette attitude des autorités est soutenue par de nombreux Réunionnais. De plus, les réfugiés venant de Mayotte sont souvent la cible de propos racistes. Ces Réunionnais oublient que s’ils sont sur cette île, c’est parce qu’ils sont des descendants de migrants, venus contre leur gré comme esclaves, ou volontairement pour y faire fortune.
Comment expliquer que des Réunionnais puissent, face à l’arrivée de quelques personnes, oublier une valeur commune aux peuples de notre région : l’hospitalité ?
Les causes de ces migrations sont connues : crise économique, conflits, conséquences du changement climatique sont les principales. Elles découlent d’un système politique : le capitalisme. Elles touchent le monde entier, et notamment les pays en développement qui sont les plus importants pays d’accueil. La Réunion se situant sur la planète Terre, elle est donc concernée par ces mouvements de réfugiés qui ne vont pas se tarir. Plutôt que la stigmatisation voire la répression, il est grand temps de mettre l’accent sur l’éducation pour que les Réunionnais soient informés sur les raisons de la venue de ces réfugiés, et puissent tous retrouver le sens de l’hospitalité, une valeur commune des peuples de l’océan Indien et de l’Afrique.
M.M.
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