Droits humains

Sahraouis, dernier peuple colonisé en Afrique

Numéro spécial Solidarité Palestine

Témoignages.re / 3 juillet 2020

Après la colonisation espagnole et la guerre contre la Mauritanie, les Sahraouis subissent l’occupation marocaine.

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Les Sahraouis sont le peuple du Sahara Occidental. En 1973, ils créent le Front Polisario, une organisation politique et militaire destinée à les libérer de la colonisation des Espagnols. Au départ de ces derniers, en 1976, le Polisario s’oppose à l’annexion du Sahara Occidental par ses deux voisins (la Mauritanie et le Maroc) et fonde la République Arabe Sahraouie Démocratique (RASD).

Après les Espagnols, les Sahraouis subissent l’occupation marocaine

En 1979, la Mauritanie, malgré le support militaire de la France, cède et reconnait le RASD. Mais le territoire ainsi libéré est de nouveau occupé par le Maroc. Ce dernier érige, grâce à l’aide des experts israéliens, un “mur défensif” (de palissades, de champs de mines et de bunkers) de 2720 km. Une “frontière de facto” qui place 80% du Sahara Occidental sous contrôle marocain. Le mur sert surtout de couverture pour l’état de siège et le black-out médiatique dans les zones occupées du Sahara occidental, la répression contre les Sahraouis, l’implantation des colons marocains et le pillage des ressources naturelles du Sahara Occidental, qui est devenu une grande prison isolée du monde extérieure. En 1991, après 16 ans de guerre, un plan de paix UA-ONU a été signé par les parties au conflit, le Front Polisario et le Maroc, sur la base de l’organisation d’un référendum d’autodétermination et pour cela, l’ONU a crée la Mission des Nations Unies pour le Référendum au Sahara Occidental (MINURSO).

Privés de référendum depuis 30 ans. A qui profite le statut quo ?

Actuellement le référendum est toujours lettre morte à cause de l’obstruction du Maroc qui s’est opposé à la liste provisoire des électeurs présentée par la commission d’identification de la MINURSO en 2000. En 2016, le Maroc a expulsé des fonctionnaires de la MINURSO après que le Secrétaire Général de l’ONU, en visite au Sahara Occidental, ait qualifié la situation “d’occupation”. Le Maroc continue son intransigeance et son reniement de ses engagements internationaux, encouragé par la complicité de l’Espagne et le soutien de la France au conseil de sécurité.
Toutes ces volte-face et agissements commis par la monarchie Marocaine passent malheureusement sous le silence des instances onusiennes. Les Sahraouis et le Front Polisario qui se sont investis avec sagesse dans une coopération totale avec l’ONU et sa mission en place, commencent à penser que la MINURSO se transforme d’une mission internatio-nale visant à la décolonisation du Sahara Occidental comme dernière colonie en Afrique, en un parapluie pour protéger et légaliser l’occupation marocaine.

La MINURSO doit aller jusqu’au bout de sa mission de décolonisation

À ce jour, la RASD est reconnue par une cinquantaine d’États dont l’Afrique du Sud et l’Algérie ; elle est membre de l’Union Africaine mais pas de la Ligue Arabe, pro-Maroc. Elle n’est pas reconnue non plus par l’Union Européenne ni par aucun de ses membres, toutefois, une décision de la Cour de Justice Européenne a exclu le Sahara Occidental du périmètre de souveraineté marocain.
A l’inverse, aucun état membre de l’ONU n’a formellement reconnu la souveraineté du Maroc sur le Sahara Occidental.
Enfin, notons qu’Amnesty International et Reporter Sans Frontières alertent régulièrement des exactions du Maroc en matière de liberté d’expression et de liberté de la presse envers les journalistes Sahraouis ou, plus généralement, dès des reporters s’intéressent aux affaires du Sahara Occidental.

rédigé avec l’aimable participation du
Front Polisario, Bureau de Paris