Droits humains

Salaires des femmes inférieurs de près de 20 % dans la fonction publique

Un rapport met en évidence d’importantes inégalités

Témoignages.re / 9 mars 2017

L’occasion de la journée internationale des droits des femmes, le Premier ministre, a reçu hier le rapport de Françoise Descamps-Crosnier, Députée des Yvelines, « La Force de l’égalité » en présence de Annick Girardin, ministre de la Fonction publique et de Laurence Rossignol, ministre des Familles, de l’Enfance et des Droits des femmes.

JPEG - 64.5 ko
Les femmes dans la lutte.

Ce rapport dresse pour la première fois, après un travail de six mois, « un état des lieux objectif des inégalités de rémunération et de parcours professionnels entre les femmes et les hommes dans la fonction publique », souligne un communiqué du gouvernement.

Le rapport révèle « des écarts de rémunération significatifs entre les femmes et les hommes de la fonction publique ». Les femmes ont une rémunération inférieure de 19 % à celle des hommes et connaissent un manque à gagner dans leur rémunération qui s’accroit avec l’âge : à 50 ans une femme gagne entre 4 000 euros (catégories C) et 11 400 euros (catégories A) de moins par an qu’un homme.

« Une analyse inédite des éléments de rémunération de 29 corps de la fonction publique de l’Etat (professeurs, ingénieurs, secrétaires administratives, contrôleurs des finances publiques, douaniers, adjoints techniques, etc.) démontre que dans 93 % d’entre eux, les femmes sont moins bien rémunérées », précise le gouvernement.

Plus diplômées que les hommes, elles intègrent pourtant des filières moins bien rémunérées qu’eux, connaissent des avancements moins rapides car elles sont promues plus tard que les hommes et pâtissent dans leurs carrières de l’arrivée d’un enfant.

Le gouvernement veut travailler sur « plusieurs mesures correctrices » :

Le développement d’une culture de l’égalité dans la fonction publique avec la mise en place d’études régulières sur les déroulements de carrière, le renforcement de la transparence des procédures de sélection et d’évaluation des agents et le déploiement de plans d’action pluriannuels dans les trois fonctions publiques.

La réduction des inégalités de parcours professionnels avec l’obligation imposée aux commissions chargées des promotions d’examiner les situations individuelles au regard de l’objectif d’égalité entre les femmes et les hommes et l’affectation du produit des pénalités versées en cas de non-respect des obligations en matière de nominations équilibrées dans l’encadrement supérieur, au financement d’actions en faveur de l’égalité professionnelle.

Le développement de la mixité des métiers avec le développement des passerelles entre les fonctions publiques et les filières et la mise en place de répertoire des métiers qui soit neutre vis-à-vis du genre.