Rapport mondial sur les crises alimentaires

Sécurité alimentaire mondiale : famine déclarée au Soudan et à Gaza, l’inflation des prix continue de peser

1er octobre 2025, par Manuel Marchal

Le dernier rapport mondial sur les crises alimentaires, publié le 22 septembre 2025 par un consortium d’organismes internationaux, alerte sur une aggravation des situations d’urgence alimentaire dans plusieurs régions du monde. Les risques liés aux politiques commerciales, à la production d’agrocarburants et aux aléas climatiques continuent de fragiliser les perspectives.

En août, le Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire (IPC) a officiellement déclaré l’état de famine (phase 5) dans deux zones : le Soudan et la bande de Gaza. D’autres pays, comme Haïti, le Mali, le Soudan du Sud et le Yémen, comptent également des populations importantes en situation critique. Ces constats soulignent la persistance de foyers de crise où la faim et la malnutrition mettent directement en danger la survie de millions d’habitants.

Inflation alimentaire supérieure à 5 %

Parallèlement, l’inflation des prix alimentaires intérieurs reste une source d’inquiétude. Les données couvrant la période de mai à août 2025 révèlent que plus de la moitié des pays à revenu faible (52,9 %) subissent encore une inflation alimentaire supérieure à 5 %, malgré un recul par rapport au trimestre précédent. Dans les pays à revenu intermédiaire inférieur et supérieur, cette proportion progresse respectivement à 45,7 % et 50 %, tandis que 20 % des pays à revenu élevé sont également touchés. Au total, dans 65 % des 161 pays suivis, l’inflation alimentaire a dépassé l’inflation globale, réduisant davantage le pouvoir d’achat des ménages.

Sur les marchés internationaux, la tendance des prix reste contrastée. Depuis juin, les indices des prix agricoles, des exportations et des céréales ont respectivement augmenté de 3 %, 6 % et 4 %. Toutefois, le recul des cours du maïs (–2 %), du blé (–3 %) et surtout du riz (–9 %) a entraîné une baisse globale de l’indice des céréales. En comparaison annuelle, le maïs affiche une hausse de 5 %, tandis que le blé et le riz reculent de 5 % et 34 %. Par rapport à janvier 2020, le maïs est en hausse de 10 %, alors que le blé et le riz enregistrent une diminution de 7 % et 8 %.

Le bulletin de veille du Système d’information sur les marchés agricoles (AMIS) publié en septembre souligne que les approvisionnements mondiaux en blé, maïs, riz et soja demeurent globalement suffisants. Néanmoins, les risques liés aux politiques commerciales, à la production de biocarburants et aux aléas climatiques continuent de fragiliser les perspectives.

ODD numéro 2 compromis

Dans son rapport L’État de la sécurité alimentaire et de la nutrition dans le monde 2025, la Banque mondiale met en évidence des progrès récents dans la lutte contre la faim après les records atteints durant la pandémie de COVID-19. Ces avancées restent toutefois fragiles, inégales selon les régions et insuffisantes pour atteindre l’Objectif de développement durable n°2 — « Faim zéro » — d’ici 2030.

Enfin, les Estimations conjointes de la malnutrition infantile (JME) pour 2025 alertent sur un risque de stagnation, voire de recul, concernant les progrès enregistrés ces dernières années. Les données, actualisées jusqu’en 2024, mettent en lumière la persistance de problèmes majeurs tels que les retards de croissance, l’émaciation sévère et le surpoids chez les enfants de moins de cinq ans.

En dépit de certains signes encourageants, le constat demeure clair : la lutte contre la faim et la malnutrition exige des efforts accrus et coordonnés. La combinaison de crises humanitaires, de pressions économiques et de défis climatiques continue d’entraver l’accès à une alimentation suffisante et abordable pour des millions de personnes à travers le monde.

M.M.

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