Droits humains

SNJ, SNJ-CGT, CFDT-Journalistes écrivent à Julian Assange : « tenez bon »

Déjà plus d’un an de prison pour le fondateur de Wikileaks

Témoignages.re / 15 avril 2020

Cela fait un an que Julian Assange a été arrêté dans l’ambassade d’Equateur par les autorités britanniques. Il est maintenu en prison. Le gouvernement des Etats-Unis veut que le fondateur de Wikileaks soit extradé dans leur pays où il risque les pires traitements. Dans une lettre commune, trois syndicats de journalistes réaffirment leur solidarité avec Julian Assange.

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Cher Julian,
En ces temps de pandémie où des remises en liberté sont massivement accordées à des prisonniers de plusieurs pays du monde, votre libération a été refusée par la juge qui entend vous garder derrière les barreaux afin de poursuivre les audiences sur votre potentielle extradition vers le sol américain. Audiences qui s’inscrivent dans une procédure viciée, empêchant une organisation efficace pour votre défense.
Au nom des trois syndicats de journalistes français membres de la FIJ (SNJ, SNJ-CGT, CFDT Journalistes), nous vous transmettons notre profond soutien face à l’avalanche d’injustices que vous subissez depuis près de huit ans. Nous ne pourrons jamais oublier le calvaire que vous traversez pour avoir réussi à rendre possibles les fuites d’informations d’intérêt général les plus massives du 21e siècle. Et nous ne vous remercierons jamais assez pour votre travail titanesque qui a permis à des journalistes du monde entier de relayer auprès du grand public les dossiers que vous avez contribué à rendre accessibles.

A l’heure où nous écrivons ces lignes, cela fait un an, jour pour jour, que les autorités britanniques ont pris physiquement possession de votre destin en vous jetant de force dans la prison de haute sécurité de Belmarsh, près de Londres, où vous êtes aujourd’hui retenu de façon purement arbitraire, sur des critères politiques que vos geôliers, les autorités britanniques, ne cachent même plus.

La solidarité internationale vous est acquise mais malgré les multiples manifestations devant la prison, les campagnes d’information sur les réseaux sociaux, pétitions, lettres ouvertes aux institutions et autres communiqués, l’arbitraire et l’iniquité vous accablent. L’encre a coulé, dans un très grand nombre de pays du globe, pour exiger votre libération. Mais, et vous avez vous-même contribué à le révéler aux yeux de tous, les procédés des pourfendeurs de la vérité et de la transparence à travers le monde s’avèrent tenaces : les rouages mis en place pour vous faire payer votre courage n’ont pour l’heure pas cédé aux initiatives en faveur de votre libération.
Julian Assange, merci à vous d’avoir donné force et inspiration à nombre de citoyens attachés à rendre transparents les desseins criminels et les modes de fonctionnement d’administrations qui ne survivent que par l’opacité de leurs actions.
Un mental considérable vous a permis de tenir le coup jusqu’à ce jour. Puisse le soutien moral que nous vous envoyons dans cette lettre vous permettre de tenir encore, le temps nécessaire de trouver une issue positive au simulacre de jugement organisé par vos geôliers. Le temps nécessaire de réparer huit années d’un confinement forcé, purement politique.

Tenez bon Julian, pour vous, votre famille et tous ceux qui comptent sur vous à travers le monde, car vous êtes devenu un symbole de la liberté d’informer. Nous avons besoin de vous ! Sachez que nos syndicats ne cesseront jamais de vous défendre et de mettre tous les moyens en sa possession dans l’objectif de vous libérer enfin. Vous pouvez compter sur nous !

Bien à vous,
Le SNJ, le SNJ-CGT, la CFDT-Journalistes
Paris, le 11 avril 2020