Soustraction d’enfant

Un père va chercher en France son fils soustrait par la mère

21 octobre 2006

Rafaël M., un Tamponnais, père de 4 enfants dont il a obtenu la garde au terme des péripéties judiciaires qui ont accompagné la séparation d’avec la mère, est parti en France pour tenter de retrouver des traces du fils aîné soustrait par sa mère le mercredi 4 octobre. L’enquête sur cette affaire familiale sensible est entre les mains de la gendarmerie du Tampon et du Parquet de Draguignan.

Le jour où son fils lui a été enlevé, Rafaël M. ne se doutait de rien. Son ancienne compagne, dont il s’est séparé en 2002, est de passage à La Réunion. Après la séparation, la jeune femme a quitté l’île en avril 2005. Elle s’est installée depuis dans la région PACA, à Saint-Raphaël. Elle est revenue voir les enfants en mai 2006, pendant une semaine, puis à nouveau en septembre-octobre.
Depuis 2002, Rafaël M. a obtenu la garde des 3 plus jeunes enfants - 5, 6 et 7 ans - nés pendant leur vie commune. Et lorsque la jeune femme a quitté La Réunion, il a demandé et obtenu (en juillet 2005) la garde de l’aîné, Frédéric, né d’un autre père. L’enfant qui a aujourd’hui 8 ans et demi aurait été reconnu par Raphaël M. dans sa première année et a grandi dans la famille recomposée.
La soustraction de l’enfant a eu lieu lors du dernier passage de la mère, après un droit de visite. Frédéric, l’aîné, était le seul à disposer d’un passeport. Aucune décision judiciaire n’ayant porté le nom de l’enfant sur liste rouge à l’aéroport, Frédéric a pu partir avec sa mère, qui l’a soustrait sans aucune explication.
Rafaël, le père, est policier municipal dans le Sud de l’île. Abasourdi au moment des faits, il a porté plainte à la gendarmerie du Tampon, qui a transmis au Parquet de Saint-Pierre, qui a contacté dans un premier temps le Parquet de Grasse, sur une indication que la jeune femme travaillait, et peut-être habitait, à Antibes.
Puis il est parti à son tour avec un ami tenter de retrouver son fils, avec le concours des OPJ de la région où son ex-compagne a élu domicile.
C’est finalement à Saint-Raphaël que le père a retrouvé Sylvelli S., son ex-compagne et leur enfant, mercredi dernier.
Ayant averti de ses déplacements et intentions le procureur de Grasse (qui a transmis au procureur de Draguignan), les policiers d’Antibes et ceux de Saint-Raphaël, le père a feint d’accepter un arrangement amiable avec la jeune femme au sujet des enfants, pour lui donner rendez-vous au commissariat de Saint-Raphaël. Lorsqu’elle s’est présentée au commissariat avec Frédéric, la jeune femme a été entendue par les policiers de la brigade des mineurs et le garçon a été rendu à son père, qui a maintenu sa plainte.
Contacté par “Témoignages” au téléphone, le père s’est félicité de la rapidité du dénouement, dans une affaire qui « aurait pu prendre 4 à 6 mois », selon ce que lui a dit un OPJ du Var. Le capitaine Pierre Cwikowski, responsable de la brigade des mineurs au commissariat de Fréjus/Saint-Raphaël, a confirmé à “Témoignages” que « l’affaire s’est réglée en 48 heures dans la négociation, la discussion et l’application de la loi et des ordonnances en cours » et que la jeune femme « agira par la suite de façon légale pour récupérer l’enfant ».
Le père et le fils reviennent à La Réunion ce samedi. Ils sont la preuve vivante que lorsque l’institution judiciaire veut dénouer rapidement une affaire, même sensible, elle en est tout à fait capable.

P. David


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Témoignages - 82e année


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