Un triple anniversaire de portée mondiale
18 juillet, par4 septembre 1996, 4 novembre 2016 et 12 novembre 2016
Différence systématique dans la plupart des médias
3 août 2022, par

6 réfugiés sont arrivés en provenance du Sri Lanka à La Réunion et ont demandé l’asile politique à la République, ils sont qualifiés de « migrants ». Les réfugiés qui fuient les combats en Ukraine et sont accueillis par millions en Europe sont appelés « réfugiés ». Malheureusement, il semble que le nombre ne soit pas le seul critère de cette différence de langage, car comme le rappellent les migrations vers l’Europe en provenance de pays d’Asie et d’Afrique ravagés par la guerre, le changement climatique ou la misère, la couleur de la peau semble entrer en ligne de compte. Or, dans l’imaginaire collectif, un migrant vient s’installer au terme d’un projet mûri pour obtenir un travail, gîte et couverts et est susceptible d’être expulsé, tandis qu’un réfugié arrive dans l’urgence, doit être totalement pris en charge et ne peut être expulsé vers où il vient, sinon sa vie est en danger.
Chaque année, plus de 60 millions de personnes doivent tout quitter pour trouver refuge ailleurs. Les guerres, le changement climatique et la misère sont les principales raisons de ces déplacements massifs de population. Pour l’ONU, peu importe la raison qui pousse à tout quitter, ces personnes sont des réfugiés.
Les 6 Sri-Lankais qui sont arrivés récemment à La Réunion correspondent à cette définition. Leur pays est touché par une grave crise politique et économique. Ils cherchent donc refuge dans notre île pour une vie meilleure. Ils ont même demandé l’asile politique à la République.
Mais dans la plupart des médias, ils ne sont pas appelés « réfugiés » mais « migrants ».
Depuis fin février, la guerre sévit de nouveau en Europe. Jusqu’à 5 millions de personnes ont fui les combats en Ukraine pour trouver asile dans un Etat de l’Union européenne. Fort logiquement, ils sont appelés « réfugiés ». La plupart des médias évoquent d’ailleurs la plus importante « crise des réfugiés » depuis la Seconde guerre mondiale en Europe.
Malheureusement, il semble que le nombre ne soit pas le seul critère de cette différence de langage.
Il suffit de rappeler les conséquences d’une part de l’invasion de l’Afghanistan et de l’Irak par l’OTAN, et d’autre part de la destruction de l’État libyen par l’OTAN en 2011 qui fut à l’origine de la déstabilisation non seulement de la Libye, mais aussi de tout le Sahel.
En 2015, ce furent alors un million de personnes qui franchirent avec succès clandestinement la Méditerranée pour se réfugier en Europe. Mais dans les médias occidentaux, il n’était pas question de crise des réfugiés, mais de « crise des migrants ». Ces réfugiés étaient systématiquement appelés « migrants ».
Or, dans l’imaginaire collectif, un migrant vient s’installer au terme d’un projet mûri pour obtenir un travail, gîte et couverts et est susceptible d’être expulsé, tandis qu’un réfugié arrive dans l’urgence, doit être totalement pris en charge et ne peut être expulsé vers où il vient, sinon sa vie est en danger.
Or, manifestement, la seule différence entre les Sri-Lankais et les Ukrainiens est la couleur de la peau. Appeler les premiers « migrants » et les seconds « réfugiés » interroge : n’est-ce pas une séquelle du racisme qui fut la justification invoquée pour coloniser des peuples au profit d’une classe dominante ?
En tout cas, les mots ont un sens, car en fonction de la couleur de sa peau, un être humain qui demande asile dans un pays sous souveraineté d’un Etat occidental n’est pas qualifié par le même mot dans le langage couramment employé par la plupart des médias.
M.M.
4 septembre 1996, 4 novembre 2016 et 12 novembre 2016
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