Économie réunionnaise : le calme avant la tempête
6 juin, parIEDOM : « Un premier trimestre favorable avant l’impact de la crise au Moyen-Orient »
Sobatkoz
28 juin 2004

L’Institut régional des travailleurs sociaux organisait vendredi, à Saint-Benoît, une matinée débat autour du thème ’Violences envers les femmes’, un sujet d’actualité qui grise tous les jours la presse locale. La délégation régionale aux droits de la femme et à l’égalité a participé à ce sobatkoz, ainsi que les étudiants, travailleurs sociaux et tous ceux qui sont préoccupés par ce problème.
La Réunion n’est en effet pas en marge de ce fléau. En taux comparatif, il y aurait deux fois plus de femmes décédées en 2000 à La Réunion qu’en Métropole par suite de coups et blessures. On en parle pourtant deux fois moins. Sous l’égide de la DRASS (Direction régionale des Affaires sanitaires et sociales) et du Département, une Enquête sur les violences envers les femmes en France à l’Île de La Réunion (ENVEFF-Réunion) a été menée, se situant dans la continuité de l’enquête ENVEFF nationale. Ce sont pas moins de 1.200 femmes, âgées entre 20 et 59 ans, qui ont été interrogées. Et les chiffres qui découlent de cette enquête demeurent alarmants.
À La Réunion, plus d’une femme sur 5 (21,5%) a subi au moins une forme de violence dans l’espace public au cours des 12 derniers mois, soit un peu plus qu’en métropole (19%). Si les agressions verbales dans l’espace public sont un peu moins fréquentes qu’en métropole, les harcèlements à caractère sexuel, les agressions physiques et surtout sexuelles dans l’espace public sont plus fréquentes, signe d’un espace public plus sexiste à La Réunion.
De même, l’indice global de violences conjugales s’élève à 15% contre 9% sur l’hexagone. Les violences au cours de la vie sont caractérisées par une plus grande proportion d’actes commis par des proches qu’en métropole. Depuis leur majorité, 14% des femmes de La Réunion ont été victimes de brutalités physiques. 8% dénoncent des violences sexuelles au cours de leur vie.
Mais l’enquête révèle à côté de cela le silence dans lequel se murent les Réunionnaises. Elles seraient peu nombreuses à dénoncer les violences subies, surtout dans le cadre conjugal, et plus particulièrement lorsqu’il est question d’agression sexuelle. Le rapport indique par ailleurs que la consommation d’alcool est un facteur aggravant.
Et que dire de la violence au travail, que subissent principalement les femmes ? 16% des violences prennent la forme de pressions psychologiques.
Et puis - puisqu’il ne suffit pas de quantifier le problème, des témoignages poignants de femmes victimes de la violence conjugale révèlent le traumatisme qu’elles subissent quotidiennement. Le film d’Arlette Sauvage "La vie, voyez-vous", projeté à cette occasion, retrace les effets destructeurs de la violence conjugale, avec notamment trois femmes (Jeannine, Zohra et Béatrice) vivant en France. Toutes les trois choisissent de combattre cette violence, en quittant leur tortionnaire.
Derrière cette violence faite aux femmes, nous devons percevoir tout le processus de victimisation indirecte chez l’enfant qui le vit et le voit. Et faut-il rappeler que les situations de violence se reproduisent souvent ?
À la question "comment résoudre ce problème ?", Geneviève Payet, psychologue, présidente de l’association de victimologie, œuvrant par ailleurs auprès d’un pôle hospitalier de victimologie, déclare qu’il importe de savoir repérer les violences, les nommer avant d’y répondre. Ensuite il demeure encore beaucoup à faire en matière d’accueil, d’information, de formation surtout, pour que les personnes puissent bénéficier d’une bonne représentation de leurs droits.
Bbj
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