Aujourd’hui, 18ème Journée mondiale de refus de la misère

Voilà où nous en sommes !

17 octobre 2006

Aide à toute détresse (ATD) Quart Monde Réunion organise cette après-midi sur le parvis des Droits de l’Homme la 18ème Journée mondiale du refus de la misère.

Une poignée de volontaires du mouvement (ATD) Quart Monde Réunion, depuis une vingtaine d’années, se rend au sein de familles réunionnaises défavorisées. Cette main tendue est parfois refusée par certaines d’entre elles. Une triste réalité car « elles ont tellement honte de leur situation », rappelle George Faubourg, bénévole du service relation presse de cette association.
Pour sortir les exclus de leur isolement, l’approche est souvent longue. Il cite pour exemple un jeune qui a mis du temps pour fréquenter le bibliobus de passage dans son quartier. Imaginez la démarche avec un adulte. Il a à la fois honte de sa situation et honte du regard des autres. Malgré tout, il reste un homme envers qui nous devons le plus grand respect. La personne en difficulté sociale reste avant tout une personne respectueuse.
Le respect est l’une des batailles menées par le mouvement ATD Quart Monde comme le droit au logement, à la justice, à la culture et à l’éducation, aux ressources, à la santé et de vivre en famille. Ce respect de l’autre passe avant tout par le regard. Poser avec bienveillance ses yeux peut être une mini-révolution en soi, un élan de fraternité vers une évolution des mentalités. Car « tout homme porte en lui une valeur fondamentale qui fit sa dignité d’homme. Quels que soient sa pensée, ses croyances, sa culture, sa situation sociale ou ses moyens économiques, son mode de vie, tout homme garde intacte sa valeur essentielle qui le situe d’emblée au rang de tous les hommes ».

« La misère n’est pas une fatalité »

Cette conviction anime les volontaires d’ATD Quart Monde. Aujourd’hui, ils invitent les Réunionnais à se retrouver autour d’eux sur le parvis des Droits de l’Homme à Champ Fleuri Saint-Denis. Parmi eux, Canda Swamy-Pillay, le Président de la Ligue des Droits de l’Homme à La Réunion. Pour lui, « la misère n’est pas une fatalité. Elle peut-être combattue et vaincue comme l’ont été l’esclavage et l’apartheid ». « Toutes les initiatives prises pour lutter contre l’exclusion, selon lui, doivent être accompagnées d’une obligation de résultats tant par l’État que les collectivités locales ».

« Comment tenir un travail si on n’a pas de logement ? »

Des hommes, des femmes et des jeunes témoignent de leur situation pour le moins catastrophique. « Je n’ai pas de place pour faire mes devoirs (...), je dors avec mon frère et on n’a pas de place pour ranger nos vêtements et nos affaires d’école (...), j’ai honte de ma situation » ; « Comment tenir un travail si on n’a pas de logement ? Comment trouver un logement quand on n’a pas de travail ? » ; « Avec mes enfants, nous étions hébergés par des amis, mais cela ne pouvait durer, cela ne pouvait être que provisoire. Après des recherches avec mon assistante sociale, on m’a dit que je n’avais pas le choix et qu’il fallait que j’accepte de dormir, moi de mon côté, dans un centre d’hébergement et mes enfants dans un autre centre ».

J.-F. N.


Aujourd’hui sur le parvis des Droits de l’Homme à Champ Fleuri (Saint-Denis)

14h : les familles Quart Monde se retrouvent
14h30 : le “Théâtre la cour” anime un théâtre forum sur la vie quotidienne des familles avec la participation des d’enfants
17h : des familles racontent leur vie autour d’un puzzle géant réalisé par des enfants


Des cas de misère

“Une journée du refus de la misère”, voilà où nous en sommes aujourd’hui ! À quand une “Journée de la richesse” pour tous. Nous en sommes encore loin ! Mais la misère, nous la rencontrons tous les jours à moins que l’on ferme nos yeux.
Illustration de ce qui vient d’être dit :

- 1er cas : Avant-hier matin, revenant de ma balade matinale, je croise un homme. Il pousse un chariot de fortune. Je le salue, il me salue et me demande si j’ai des chopines à lui donner. Je lui réponds que non. Maintenant, j’ai pris de bonnes habitudes. Comme un grand, toutes les semaines, je les dépose dans une borne. Dois-je encore les déposer ou les ramasser pour les lui donner ? Me voilà devant un dilemme.

- 2ème cas : Je rentre de grande surface avec des aliments pour toute une semaine. Soudain, j’entends une toute petite voix venant d’une dame menue : « Monsieur, la charité s’il vous plaît ». Je l’ai regardée et je suis resté sans voix. Puis, je lui ai donné des biscuits et des jus de fruits sans aucune fierté. J’ai été blessé. J’étais loin de me douter qu’à La Réunion, l’on pouvait de nos jours quémander !


Des chiffres illustrent la misère en France

3 millions de personnes sont sans logement ou mal-logées ; 1 million d’enfants vivent dans la grande pauvreté ; 60.000 jeunes, chaque année, quittent l’école sans qualification ; près de 3 millions de personnes sont dépourvues de Couverture maladie complémentaire pour des raisons financières.

(Source : Observatoire national de la pauvreté et de l’exclusion)


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