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par le Dr Raymond Vergès

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Les enfants sont plus exposés à la pauvreté dans les outre-mer

Unicef : Grandir dans les Outre-mer : l’envers de la carte postale

mardi 21 novembre 2023


"Grandir dans les outre-mer, c’est être exposé, plus qu’en France métropolitaine, à la pauvreté", a indiqué l’Unicef dans une étude, qui demande "une prise de conscience et une action ambitieuse" de la part des pouvoirs publics.


"Il y a une différence très importante entre la situation des enfants dans la France hexagonale et la situation des enfants dans l’outre-mer", a expliqué à l’Agence France Presse, Adeline Hazan, présidente de l’Unicef France.

En introduction de son communiqué de présentation, l’Unicef note que "la France et ses territoires ultra-marins constituent un vaste ensemble avec des réalités géographiques et culturelles variées. Dans ces 12 territoires, les enfants ont un quotidien bien différent de ceux qui vivent dans l’Hexagone. Les inégalités sont saillantes. Les enfants des Outre-mer n’ont en effet pas les mêmes accès à la santé, à l’éducation ou au logement. Leurs droits qui devraient être garantis au même titre que ceux des enfants de l’Hexagone ne sont pas respectés".

"Sans surprise, la première atteinte aux droits des enfants est la pauvreté dans ces territoires d’outre-mer : à Mayotte huit enfants sur dix vivent en situation de pauvreté et en Guyane ils sont six sur dix, alors que dans l’Hexagone c’est deux sur dix. Et à partir de là, il y a bien sûr beaucoup de droits qui ne sont pas réalisés, comme le droit à l’éducation ou la santé", a expliqué Adeline Hazan, présidente de l’Unicef France.

"L’atteinte au droit à l’éducation est terrible, d’autant qu’elle est aggravée dans certains territoires par la distance, comme en Guyane, où des enfants sont vraiment éloignés physiquement des structures scolaires", a indiqué cette dernière.

La responsable du fonds onusien a estimé le nombre d’enfants non scolarisés à 10.000, selon les recoupements faits par l’Unicef, car aucune base de données officielle n’étant disponible.

Malgré les spécificités de chaque territoire ultramarin, l’Unicef a mit en avant un certain nombre de points communs entre Mayotte, la Guyane et l’île de la Réunion. "La pauvreté affecte des milliers d’enfants et les prive d’accès à la santé, à l’éducation, à l’eau, à la nourriture et à la protection".

A La Réunion par exemple, 46% des enfants vivent dans un ménage pauvre, cela concernerait 110 500 enfants. En Guyane, ce sont 6 enfants sur 10 qui sont en situation de grande pauvreté.

Ils sont 8 enfants sur 10 à Mayotte, qui est le département le plus jeune et le plus pauvre de France avec un taux de pauvreté de 77%, soit cinq fois supérieur à celui de l’Hexagone. La proportion d’enfants vivant sous le seuil de pauvreté est trois à quatre fois plus importante que dans l’Hexagone.

Une des explications fournies par le rapport est que ces territoires, selon leur statut constitutionnel, voient s’entremêler les compétences et les responsabilités des décideurs publics : État, collectivités, départements, communes.

L’Univef recommande de "faire de l’éradication de la pauvreté multidimensionnelle des enfants une priorité structurante pour l’ensemble du territoire national, requérant de facto une attention renforcée sur les territoires ultramarins les plus vulnérables" ; "d’identifier les enfants et familles sans domicile afin de pouvoir proposer des solutions adaptées et renforcer leur accès aux services" ; et "renforcer l’accès au logement pour les familles précaires".

De fait, "les compétences institutionnelles des collectivités territoriales d’outre-mer varient selon les territoires et nous avons pu constater dans les déplacements que souvent (celles-ci) se renvoient l’une à l’autre la responsabilité de telle ou telle thématique. Parfois, il y a des compétences croisées, tout ça rend les choses encore plus difficiles", a indiqué Adeline Hazan.

Alors que l’État a entamé en juillet avec les collectivités ultramarines un important travail pour améliorer les conditions de vie des populations dans le cadre du Comité interministériel des outre-mer (Ciom), "ce que nous voulons c’est vraiment remettre l’enfant au coeur des préoccupations des pouvoirs publics quand il s’agit d’outre-mer", a rappelé la présidente de l’Unicef France.

De plus, "ces inégalités au sein du territoire français sont alarmantes. Les pouvoirs publics se doivent de garantir un accès aux droits de tous les enfants sur le territoire" a indiqué cette dernière.

Des recommandations ont été faites par l’Unicef, telles que renforcer l’offre de soins de santé pour l’ensemble des enfants ; garantir l’effectivité du droit à l’éducation et lutter contre la non-scolarisation des enfants, en déclinant dans chaque territoire l’observatoire de la non-scolarisation ; renforcer la prévention des violences à travers des programmes d’accompagnement ; et mettre fin à l’enfermement administratif des enfants.


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