Après le cauchemar, l’espoir pour les habitants du 12ème Km au Tampon

4 mai 2007

Les familles de la cité Saint Vincent de Paul ont manifesté devant la préfecture samedi dernier. (photo WT)

La réunion qui s’est tenue hier à la Mairie du Tampon a connu un dénouement quelque peu rassurant. Ces familles de la cité Saint Vincent de Paul peuvent enfin souffler et regarder vers l’avenir.
Le Maire du Tampon, le Directeur de la Sodegis, une représentante de l’Etat et des administratifs de la Mairie ont reçu une délégation de familles ainsi que l’association Agir Pou Nout Tout hier dans la matinée. « Toutes les personnes présentes avaient la volonté de régler ce problème une fois pour toute », explique Max Banon de l’association Agir Pou Nout Tout, et c’est un changement de comportement radical, notamment pour la Sodegis.
Après discussion, il a donc été conclu que les personnes qui vivent encore sur le terrain pourraient rester dans leur logement et celles qui ont été expulsées auraient la possibilité de revenir sur le terrain dans des logements sociaux, et tout ceci sera fait dans un cadre de droit.
Il sera donc nécessaire d’effectuer une division parcellaire, bien délimiter le terrain de chacun, remettre aux normes les réseaux électriques, des eaux usées, téléphoniques ainsi que les voies d’accès. Toutes les habitations devront être conformes à la réglementation.
D’autre part, une cellule d’accompagnement sera mise en place, principalement pour les familles expulsées qui connaissent aujourd’hui des difficultés financières, sociales et même des problèmes de santé. La municipalité assure que chaque famille bénéficiera d’une aide individualisée et d’un traitement au cas par cas.
De plus, une cellule de travail composée des services de la Mairie et des familles se penchera sur toutes les questions de propriété, de contraintes financières, etc... afin de trouver le meilleur accord entre les différentes parties. Agir Pou Nout Tout a néanmoins spécifié une clause de sauvegarde : « Nous souhaitons que ces groupes de travail soient placés sous l’autorité du maire et de l’Etat. Et il est également primordial que les familles soient tenues au courant de toutes les avancées », insiste Max Banon. La commune a également assuré qu’elle ne délivrerait pas de permis de construire tant que le problème ne sera pas réglé définitivement. Il est essentiel que chacun y trouve son compte.
Tous ces engagements seront mis par écrit avant la fin de la semaine et soumis à la signature de toutes les parties.
Agir Pou Nout Tout a voulu faire passer un message fort hier durant cette réunion : « Plus jamais ça ». Il est vrai que l’on va bientôt arriver au million d’habitants, beaucoup de familles attendent encore d’être logées, il faut donc « travailler avec beaucoup d’humanisme et prendre ses responsabilités, notamment les communes ». Il est, en effet, inadmissible que des familles soient expulsées, qu’on détruise leurs maisons, et en fin de compte, après on leur dit : « Bon, ok, vous pouvez retourner sur le terrain, mais cette fois, dans des logements sociaux ». C’est à croire que ces administrations jouent avec la population.
Mais l’important est qu’à présent, une solution est en phase d’être trouvée pour que ces familles retrouvent un semblant de vie normale après cette dure épreuve qui aurait pu être évitée si les parties avaient entrepris un dialogue. Le travail de reconstruction des personnes elles-mêmes va être très difficile et long, ce n’est qu’avec de la patience et du temps que les souffrances pourront s’atténuer. En espérant que cela ne se reproduise plus et que les personnes compétentes prennent leurs responsabilités avant que l’on arrive à de telles extrémités.
Une fois de plus, l’association Agir Pou Nout Tout a démontré sa capacité d’intervention au service de l’intérêt général de la population réunionnaise.

Sophie Périabe


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