APE : alerte générale sur les emplois à La Réunion, résultat de l’aliénation
9 juin, parRisque d’anéantissement des emplois liés à la production de richesses à La Réunion
La Fondation Abbé Pierre publie son nouvel éclairage régional
25 avril 2024

Manque de logements sociaux, hausse de plus de 30 % en 5 ans des loyers dans certains quartiers, jusqu’à 80 % du budget pour payer le loyer, 9 % de la population contrainte de vivre dans un logement trop petit. Ce sont quelques données de la crise du logement à La Réunion selon la Fondation Abbé Pierre qui présente ce 25 avril son « éclairage régional sur l’état du mal-logement à l’Île de La Réunion ».
Ce jeudi 25 avril, la Fondation Abbé Pierre rend public son éclairage régional sur l’état du mal-logement à l’Île de La Réunion.
« La bombe sociale du logement a explosé en France et frappe durement 140 000 personnes mal-logées à La Réunion », indique la Fondation, pour qui « le constat est très inquiétant :
- le nombre de personnes dépourvues de logement personnel augmente : 4 200 personnes domiciliées par les CCAS et les associations (+ 68 % en 3 ans),
- l’hébergement d’urgence ne fait plus face à l’urgence de la mise à l’abri pour toute personne en détresse et sans solution. Les demandes au 115 sont passées de 34 334 en 2020 à 59 240 en 2023, avec 28 % de ces demandes qui étaient non pourvues,
- le logement social est saturé (seulement 5 000 attributions, soit une baisse de 20,6 % en un an) et la liste des demandeurs s’allonge (44 796, + 35 % depuis la crise sanitaire) alors que la construction est trop faible : 1 732 logements sociaux livrés en 2023 contre 2 909 en 2017,
- dans certains quartiers, les locataires ne trouvent plus de biens à louer à des prix abordables avec parfois une hausse de plus de 31 % des loyers en 5 ans. Aussi, ils sont souvent contraints d’accepter des conditions de vie dégradées, au niveau financier, avec des taux d’efforts jusqu’à 80 % de leur budget consacré au logement et/ou sur la qualité du logement. 31 000 ménages vivent dans des logements trop petits, soit 9 % de la population ».
« Cette crise est inédite dans la mesure où elle grippe toutes les sphères du logement en même temps, avec une force et une rapidité inouïes. » explique Matthieu Hoarau, directeur régional de la Fondation Abbé Pierre Île de la Réunion / Océan Indien.
La Fondation Abbé Pierre fait part de ses propositions d’urgence « pour faire reculer le mal-logement :
- relancer la production du logement social en préservant la loi SRU,
- revaloriser les allocations logement,
- généraliser l’encadrement des loyers en ouvrant la possibilité aux territoires ultramarins de l’expérimenter,
- ériger en priorité régionale que plus personne ne dorme et ne meure à la rue, en redonnant un nouveau souffle à la mise en œuvre du plan Logement d’Abord par l’Etat et le Conseil Départemental. »
« La Fondation Abbé Pierre appelle l’ensemble des pouvoirs publics, des acteurs économiques et sociaux, à prendre la mesure de la crise et à travailler plus fortement ensemble pour garantir pleinement le droit au logement à La Réunion ».
Risque d’anéantissement des emplois liés à la production de richesses à La Réunion
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