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par le Dr Raymond Vergès

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Contre la menace de limitation de construction de logements sociaux : la responsabilité des Réunionnais

La CNL dénonce un projet inquiétant du gouvernement

vendredi 29 octobre 2021, par Manuel Marchal


La Confédération nationale du logement s’insurge contre un projet du gouvernement visant à interdire la construction de logements sociaux là où ils représentent 40 % de l’habitat. Si ce projet venait à être appliqué, alors il renforcerait la nécessité pour les Réunionnais de gérer eux-mêmes la compétence du logement afin de créer les conditions pour mettre fin à la pénurie dans le parc social.


Dans un communiqué diffusé mercredi, la Confédération nationale du logement fait part de son opposition à un projet du gouvernement, voici un extrait :

« Alors que la crise du logement perdure en France et que le taux de demandeurs comme celui de mal-logés atteint des records, la Ministre du Logement Emmanuelle Wargon et la Ministre déléguée à la Ville, Nadia Hai veulent interdire aux Maires dont la part de HLM excède 40% sur le territoire de leur commune, de construire des logements sociaux.
Encore une fois les habitantes et les habitants sont les grands perdants de cette décision absolument scandaleuse !
Depuis plus de 20 ans, et la mise en place de la loi SRU, outil essentiel pour la construction de logements sociaux mais aussi pour développer la mixité sociale, des centaines de maires refusent de l’appliquer, piétinant ouvertement une loi de la République. »

Rappelons que la loi SRU impose une part de 20 % de HLM dans le parc de logement sous peine d’amende payée par les contribuables de la commune. Cette loi peine à être appliquée à La Réunion à cause d’importantes difficultés liées à la construction de logements sociaux. Vient en premier lieu le coût de production répercuté sur le montant des loyers. Il n’est pas rare qu’il faille payer 400 euros par mois pour un studio dans un logement social, ce qui rend impossible l’accès à ce logement à moins de bénéficier de l’allocation logement qui compense le coût de construction bien trop élevé.
Avec un taux de chômage supérieur à 20 %, une grande partie des salaires ne dépassant pas le SMIC voire moins en cas de travail à temps partiel et d’un fort taux de pauvreté parmi les retraités, c’est la majorité de la population réunionnaise qui est éligible à un logement social.
Mais en raison de la pénurie, plus de 30.000 demandes sont en attente. Conséquence, le mal-logement fait des ravages.

Appliquer un plafond en termes de construction de logements sociaux ne peut qu’avoir des effets négatifs à La Réunion. Si malgré tout ce projet venait à être appliqué, alors il renforcerait la nécessité pour les Réunionnais de gérer eux-mêmes la compétence du logement afin de créer les conditions pour mettre fin à la pénurie dans le parc social.

M.M.


Dans une résidence SHLMR à Saint-Denis lors d’une visite ministérielle.



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