Construction solidaire à Saint-Bernard

Coup de pouce du cœur

28 février 2005

“Un toit, c’est tout” : tel est le mot d’ordre de la fondation Abbé Pierre. À Saint-Bernard, le concept va plus loin. Un toit, oui. Mais avec les finitions, c’est mieux.

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Les maisons, dites Logement évolutif social (LES), sont livrées finies à 97%. Il est difficile pour les familles à revenu modeste, de pouvoir achever le travail de finition sur leur propre denier. Les maisons sont données aux familles brut de chez brut. Les murs sont en béton nu. Aucune trace de peinture. La maison est livrée sans cloison pour les chambres. La toiture est pourvue d’un seul film aluminium. Aucun revêtement pour les sols. Les familles qui ont emménagé rue de l’avenir à Saint-Bernard, en décembre dernier, n’en étaient pas au bout de leur peine. Pour certains, il aurait fallu attendre plusieurs années avant de voir leur “kaz” digne de recevoir une famille.
La Fondation Abbé Pierre, qui travaille notamment sur les projets de Résorption de l’habitat insalubre (RHI), a trouvé une astuce à ce problème. Il faut dire que ces maisons seraient totalement inhabitables, si cette association filiale de l’Abbé Pierre n’avait donné ce coup de pouce. Sur le quartier, les nouveaux propriétaires sont unanimes. C’est une chance qu’il ne fallait surtout pas laissé passer.

Les propriétaires participent

Pour l’occasion, Patrick Doutreligne, délégué général de la Fondation Abbé Pierre (F.A.P.), s’est déplacé sur notre île, pour venir prendre compte de l’avancée des travaux et de la pertinence de l’opération. Guidée par François Rézac, coordonnateur chargé du lien entre la fondation et les familles, une délégation de la Fondation s’émerveillait du travail effectué. "Beaucoup de familles commencent à les habiter dans l’état de livraison. Quand elles entrent, elles sont déjà dans une phase de lourds endettements au vu de leur modeste salaire, et ne peuvent payer ces travaux de finition", indique Patrick Doutreligne. Au final, alors qu’un programme L.E.S avait pour but d’extirper ces familles de logements indignes, les familles se retrouvent dans un logement “indigne”.
La FAP a donc initié un programme d’aide supplémentaire, disons en nature. Grâce à une équipe de 5 CEC qui apprennent les techniques du bâtiment, encadrée par un chef d’équipe et un coordonnateur, les familles disposent d’un appui technique pour réaliser les quelques travaux de finition. Attention, l’organisation se défend de vouloir assister les familles, quand bien même elles seraient dans la plus catastrophique situation sociale. Avec une enveloppe estimée entre 2.000 à 2.300 euros par famille, l’équipe de la FAP, regroupée dans un Atelier d’appui technique, effectue les achats des matériaux nécessaires (carrelage, peinture, contre-plaqué, etc.) et réalise “avec les familles” les travaux. Certains pères de famille, bricoleurs, aident même leurs voisins. Un véritable esprit de solidarité se dégage de cette opération. Déjà pour cela, l’opération est une réussite.

Une maison à 70.300 euros

On ne peut que saluer cette initiative, qui permettra d’éviter le bilan “dramatique” des lotissements de la Sédré à Cilaos. Cinq ans à peine après leur construction, ces logements mériteraient tout simplement d’être rasés. Et cela devrait se faire. Patrick Doutreligne en fait le triste constat. Grâce la Fondation Abbé Pierre, nous espérons que cela ne se reproduira plus. Le coût d’une maison aussi brute tourne autour de 68.000 euros, soit 446.050 francs. Avec les 2.000 ou 2.300 euros de la FAP, les familles peuvent vivre dans une maison modeste, mais digne. L’opération est simple : ajouter 2.300 euros à 68.000, cela donne des coquettes maisons pour la somme de 70.300 euros, soit 461.137 francs.
Patrick Doutreligne souligne le faible coût pour l’accès à la propriété. "On pourra dire à Monsieur Borloo qu’il y a des maisons qui coûtent moins cher que ces 100.000 euros indiqués", note-t-il. La Réunion serait précurseur dans un habitat digne et peu cher. Le ministre de la cohésion sociale pourra aller revoir sa copie.

Bbj


Sur Télé Réunion ce soir

Débat sur le projet Fillon

Ce soir à 20 heures, la rédaction de Télé Réunion vous propose un débat en direct avant le vote à l’Assemblée nationale du projet de loi Fillon sur la réforme de l’école. Une émission d’une heure et demie, présentée par Elyas Akhoun et Gilbert Hoair et réalisée par Patrick Hoarau.
Parmi les invités seront présents le recteur de l’Académie, Christian Merlin, des représentants lycéens, le vice-président de la FCPE, Patrick Fary-Olax, la vice-présidente de la PEEP, Agnès Kohler, le porte-parole de l’Intersyndicale de l’Éducation nationale, Dominique Herrbach.
Alors que de nombreux lycéens parcourent nos rues de manifestations en manifestations, RFO prend enfin une bonne décision en organisant ce débat télévisuel. Nous serons attentifs aux inquiétudes de notre jeunesse face à un gouvernement ultra-libéral qui, il faut bien le dire, a jusqu’à présent détruit un à un les fondements sociaux de notre société. Le représentant de M. Fillon dans notre île, Christian Merlin, continuera-t-il à utiliser la langue de bois face à une jeunesse inquiète à juste titre pour son avenir ?
Le chroniqueur télé que je suis reprend le dessus pour noter une nouvelle fois que s’il est normal de bousculer la grille des programmes pour couvrir une actualité brûlante, il serait courtois de la part de RFO d’avertir des changements qui suivront le débat. Le téléfilm qui devait être diffusé est-il décalé ou supprimé ? Sera-t-il reprogrammé ? Il faut avouer qu’à l’heure où j’écris ce papier, je l’ignore encore, il vous restera donc comme à l’accoutumée, pour connaître les programmes de RFO, à vous adresser à votre voyante habituelle.

Ph. T.


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