Lutte contre le sous-développement

Face à l’urgence sociale : lancement du Kolèktif des Associations pour le Logement à La Réunion

30 janvier, par Manuel Marchal

À La Réunion, la crise du logement n’est plus tolérable. Des milliers d’enfants, de familles et de gramoun vivent sans toit digne. Face à l’inaction publique, des associations s’unissent dans un Kolèktif pour imposer le droit fondamental au logement comme priorité politique immédiate.

La crise du logement à La Réunion franchit un seuil d’indignité que notre société ne peut plus accepter. Alors que des milliers de Réunionnaises et de Réunionnais vivent dans la précarité, à la rue ou dans des habitats insalubres, plusieurs associations majeures décident d’unir leurs forces. À l’initiative de la Fondation pour le Logement des Défavorisés, aux côtés de Médecins du Monde, de la Fédération des Acteurs de la Solidarité Océan Indien, du Secours Catholique, de La Cimade et d’Emmaüs Réunion, naît le Kolèktif des Associations pour le Logement.

Ces organisations agissent chaque jour auprès des plus fragiles. Elles rappellent une vérité simple : le logement et l’hébergement inconditionnel sont des droits. Vivre à la rue n’est pas un destin, c’est une violence sociale. Sans logement stable, impossible de préserver sa santé, d’accéder à ses droits, de construire un avenir professionnel et familial. Laisser perdurer cette situation relève d’un choix politique.

Les chiffres sont un cri d’alarme. En 2024, plus de 1 000 enfants ont dormi à la rue, dont près de 300 de moins de 3 ans : Mi vœu pi okin marmay i dor dann somin. La même année, 3 000 personnes sont sans domicile : Mi vœu pi pèrsone i mor dann somin. En 2025, 50 000 demandes de logements sociaux resteront sans réponse : Mi vœu tout sàk i rod in lozman sosyal i trouv inn vitman. Au moins 20 000 personnes peinent à payer leur loyer : Mi vœu tout domoun i viv dann in kaz digne èk in lwayé abordab. Et 14 000 gramoun vivent dans l’indignité : Mi vœu nout ban gramoun i viv dann in kaz korèk.

Ces réalités ne sont pas des fatalités. Des solutions existent : construction massive de logements sociaux, réquisition des logements vacants, encadrement des loyers, rénovation de l’habitat indigne, renforcement immédiat de l’hébergement d’urgence. Ce qui manque n’est pas la connaissance, mais la volonté.

Par cette action fondatrice, le Kolèktif impose le logement comme priorité politique. À l’approche des municipales, les pouvoirs publics ne pourront plus détourner le regard. Le droit à un toit doit devenir un engagement concret, chiffré et contrôlable. Parce qu’une société qui tolère que ses enfants dorment dehors renonce à son humanité.

M.M.

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