Gilbert Annette, Premier Secrétaire de la fédération socialiste de la Réunion / PS

3 janvier 2007

Vis-à-vis des récentes déclarations du Président de la République, je garde une certaine réserve. Je garde en souvenir ses promesses de réduire la “fracture sociale”, qui ont été suivies de mesures qui ont toutes aggravé la situation sociale. L’UMP, son parti politique, a plutôt eu tendance à aller dans le sens contraire, en allégeant par exemple la loi sur la solidarité urbaine, cette loi qui oblige les municipalités à consacrer 20% de logements sociaux que maintenant certains maires peuvent contourner. Vous comprendrez pourquoi je me méfie, quand à la fin de 12 ans de pouvoir, le Président “semble” s’engager dans cette voie. Je partage le scepticisme des associations qui attendent maintenant des actes.
Le “droit au logement opposable” est un droit fondamental. La France au XXIème siècle doit inscrire ce droit dans la loi, car le logement est un besoin vital. Il faut très rapidement construire un dispositif pouvant répondre à cette situation, avec les moyens à mettre œuvre pour sa réalisation.
Quant à La Réunion, la situation ici est dramatique. Il y a comme un paradoxe, alors que le BTP se développe, grâce aux grands chantiers comme la Route des Tamarins, le logement social à La Réunion est en crise. Face à une de forte demande - plusieurs milliers-, on ne propose actuellement que 2000 logements sociaux par an. C’est dérisoire. Il n’y a pas de volonté politique affichée de la part du gouvernement pour venir à bout de ce problème.
Oui, il faut s’attaquer au logement social. Oui, je suis partisan de ce “droit au logement opposable”. Mais il faut débloquer d’abord le logement social à La Réunion, le problème foncier et réclamer une intervention très forte des pouvoirs publics dans ce domaine.


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Témoignages - 82e année


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