Logement

Grand chantier du logement : près de 170.000 à construire

L’INSEE publie une donnée essentielle

Manuel Marchal / 12 octobre 2018

La croissance de la population et le déclin de la forme traditionnelle de la famille auront d’importantes conséquences pour La Réunion. Hier, l’INSEE a présenté une étude faisant état des besoins à prévoir en termes de logements. 168.900 seront à construire d’ici 2035 en prenant en compte ceux qui devront être produits pour mettre fin au mal-logement. Les données sont connues, personne ne pourra dire qu’il ne savait pas. D’où l’importance d’agir dès maintenant.

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Les décideurs politiques ont une nouvelle donnée très claire à prendre en considération : 168.900 seront à construire d’ici 2035. C’est ce qu’indique une étude de l’INSEE publiée hier qui estime un rythme annuel de 7.700 logements. En valeur absolue, relever ce défi est encore possible, car d’après l’INSEE, entre 2012 et 2016, 7.500 logements ont été autorisés à la construction en moyenne annuelle. Mais cela implique une importante restructuration, car les logements produits ne correspondent pas aux capacités contributives de leurs occupants.

L’étude de l’INSEE relève notamment que « début 2018, 28 500 demandes de logement social sont en attente, dont 8 600 émanent de ménages déjà logés dans le parc social. Dans une évaluation maximale, 55 000 ménages auraient vocation à être logés aujourd’hui dans le parc social : aux 19 800 ménages réunionnais qui sont hébergés par des proches ou sans logement, s’ajoutent les 35 200 ménages locataires dans le parc privé qui sont en inadéquation avec leur logement (loyer trop cher, appartement trop petit pour le ménage, logement indigne). La plupart (33 700) paient un loyer trop élevé par rapport à leurs ressources ».

Avec une moyenne annuelle de 3.000 autorisations de construction, le rythme de production des logements sociaux reste insuffisant. Cela imposera donc de remettre à plat le système de production pour qu’il soit possible d’atteindre l’objectif de garantir à tous les Réunionnais le droit de vivre dans un logement adapté à leurs capacités contributives.

Quel outil pour construire ?

L’autre défi est d’avoir une filière BTP capable de répondre à ces besoins. Depuis la décision de Didier Robert de refuser de lancer le chantier de la Rocade Sud au Tampon en 2007, d’autres élus se sont engouffrés dans cet appel d’air pour supprimer de nombreux projets : Pôle océan et Zénith intercommunal Nord à Saint-Denis, Hippodrome à Saint-Paul. Un coup décisif a été le remplacement des chantiers du tram-train et de la nouvelle route du littoral par celui de la route en mer décidé en 2010 par la majorité conduite par Didier Robert, mise en place par la décision de Gilbert Annette de faire perdre l’Alliance aux régionales de 2010.
En effet, le chantier de la route en mer absorbe une grande partie des investissements de la Région ce qui a donné un coup d’arrêt aux autres secteurs. Ainsi depuis 2010, un seul lycée a été construit et inauguré, alors qu’avant cette date, la Région construisait en moyenne un lycée tous les 18 mois. Ce sont autant de marchés qui ne bénéficient pas aux entreprises réunionnaises de BTP.
À cela se sont ajouté les différentes mesures de Paris dans le financement de la construction de logements. Les changements successifs dans la défiscalisation et la diminution de la subvention directe à la construction de logements sociaux ont cassé une dynamique. Plus de 10.000 logements étaient construits en moyenne par an, plus que maintenant.

En conséquence, le BTP a perdu 10.000 emplois depuis la décision de refuser de construire la Rocade Sud. Cette perte d’effectifs et de savoir-faire affaiblit l’outil nécessaire à la construction de près de 170.000 logements d’ici 2035.

Nouvelle société

Selon l’INSEE, La Réunion de 2035 sera bien différente d’aujourd’hui. Elle approchera le million d’habitants, avec 25 % de plus de 60 ans Le modèle traditionnel de la famille, le couple avec ou sans enfant, sera minoritaire. Il ne restera majoritaire que chez les personnes âgées.
Les personnes seules et les familles monoparentales seront alors les plus nombreuses. De cette restructuration de la société réunionnaise découle un besoin en décohabitation.

Le logement n’est qu’une des conséquences de cette modification en profondeur de la société réunionnaise. Tout ceci aura lieu sur une période relativement brève : trois mandats de maire. Les données sont connues, personne ne pourra dire qu’il ne savait pas. D’où l’importance d’agir dès maintenant.

M.M.



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  • Avec ces constructions nécessaires, il faudrait faire en sorte qu’ils soient respecteux de l’environnement qui en a bien besoin. Combien de fois je vois :
    - des chantiers où d’énormes bennes sont remplies de déchets de chantier : planches, ciment, placo plaâtre, tuyaux, câbles électriques, ferraillage.
    - des chauffe eau électrique pour des particuliers, des immeubles, des bureau, des établissements scolaires, des hôtels, c’est scandaleux, leur alter ego solaires devraient être obligatoires !

    Ensuite, pour les accès et éviter de polluer davantage, vivement l’arrivée du train enfin son retour, un "TER-PEI" électrique cette fois, silencieux, rapide, sans pollution cancérigène comme les trop nombreux camions, cars,voiures majoritairement diésel, responsables de gaz toxique chargés de microparticules.

    Il y a du boulot, qu’il soit fait proprement, pour l’avenir des iles, Réunion ou autres, nous sommes tous sur la même planète qui souffre, et nous supporte. Arthur qui tousse en pédalant entre les voitures, camions, cars ....

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