Eliane et ses enfants vivent dans un logement incendié

« Je ne sais plus à qui m’adresser »

25 mai 2007

En février dernier, le logement d’Eliane Arthur dans la cité Pétunia à Bras-Fusil est dégradé par un incendie volontaire. Depuis, elle vit toujours là avec ses cinq enfants, dans des conditions d’insécurité. Malgré ses appels à l’aide à Saint-Benoît, rien n’est fait.

Eliane Arthur ne sait plus vers qui se tourner. Depuis que son appartement du lotissement Les Cascades à Bras-Fusil a été incendié volontairement par un mineur de 16 ans, en février dernier, aucune solution n’a été apportée à cette mère de famille. Avec ses cinq enfants, elle vit toujours dans ce logement délabré, où elle ne se sent plus en sécurité. Elle le dit clairement, aujourd’hui elle ne dort que d’un oeil la nuit, elle a peur pour ses enfants. Avant l’incendie, l’eau provenant de l’appartement du dessus ruisselait déjà dans la chambre des enfants, maintenant les portes d’entrée et de la petite terrasse sont endommagées, les vitres ont éclaté, une barrière menace de s’écrouler... La cause de tout ce drame ? La jeune femme a trop souvent voulu interdire à des jeunes du quartier de fumer du zamal et de boire devant sa fenêtre, parce que sa petite fille de 5 ans souffre d’asthme. Le premier février, Eliane Arthur est victime de coups. Le temps de son transfert à l’hôpital, son appartement au rez-de-chaussé est incendié, fort heureusement ses enfants n’y étaient plus.

La SIDR et la mairie de Saint-Benoît se renvoient la balle

La solidarité a permis à Eliane de redonner des vêtements et des effets scolaires à ses enfants. « Des gens du Tampon, la Croix-Rouge et les voisins m’ont beaucoup aidé, ma voisine m’a même hébergé quelque temps dans son salon mais c’est trop petit pour tout ce monde », raconte Eliane. Alors elle et ses enfants sont retournés dans leur appartement. Depuis trois mois, Eliane multiplie ses interventions auprès de la SIDR, qui gère la résidence, et la mairie de Saint-Benoît, mais chacun se renvoie la balle. « La SIDR m’a bien proposé un relogement, mais on me demande une caution de 1000 euros. Je n’ai pas cet argent, explique la jeune femme. Alors j’ai demandé à ce que la SIDR évalue les dégâts, et commence les travaux. Je suis prête à rembourser une centaine d’euros par mois, mais je n’ai aucune réponse claire, on me répond toujours que ce sera fait le mois prochain. Pas plus tard qu’hier une personne devait venir, et puis rien. J’attends encore... », raconte Eliane.
Du côté de la mairie, on ne bouge pas le petit doigt. « Après l’incendie, un élu est venu, il a constaté les dégâts. C’est tout. Ensuite, j’ai participé à une réunion de quartier, il y a moins de deux mois. J’en ai profité pour interpeller le maire. On a pris mon numéro de téléphone, on m’a dit qu’on prendrait contact avec la SIDR. Là encore, rien a été fait », constate Eliane. Pourtant, elle ne demande pas à vivre dans le luxe, mais juste un endroit décent et sécurisé pour élever ses enfants. « Vous savez, ils travaillent bien à l’école », dit-elle fièrement. Eliane est prête à déménager dans un autre quartier, une autre ville, pour garantir à sa famille une vie plus saine. Ce logement, elle l’avait pourtant longtemps espéré. Il y a trois ans, elle vivait encore à la Fondation Abbé Pierre.

Edith Poulbassia


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