Constat préoccupant dans un contexte de dégradation sociale et économique

La Fondation Abbé Pierre publie son nouvel éclairage régional sur l’état du mal-logement à l’Île de la Réunion

11 mai 2023

Ce jeudi 11 mai, la Fondation Abbé Pierre a rendu public son éclairage régional sur l’état du mal-logement à l’Île de la Réunion. Elle y dresse un constat préoccupant dans un contexte de dégradation sociale et économique, qui impacte plus durement les personnes les plus démunies.

Les indicateurs du mal-logement révélés sont inquiétants :

  • Le nombre de personnes accueillies qui fréquentent les accueils de jour du réseau de la Fondation Abbé Pierre, a presque doublé (991 personnes en 2019 contre 1845 en 2022) ;
  • Une augmentation exponentielle du nombre de nuitées hôtelières gérées par le 115 (30 569 en 2022 contre 3 432 en 2019), avec, malgré tout, pour la première fois des ménages avec enfants restés sans solution d’hébergement pendant plusieurs jours ;
  • Une baisse de 38% de la production des logements sociaux en un an, avec 1 361 logements livrés en 2022, ce qui représente le plus faible niveau des 5 dernières années.

« Au-delà de ces données, l‘hébergement inconditionnel pour toute personne en difficulté n’est pas respecté, ce qui est contraire à la loi » a expliqu" Matthieu Hoarau, directeur de la Fondation Abbé Pierre Île de la Réunion / Océan Indien.

Cette année, la Fondation Abbé Pierre s’est aussi concentrée sur la question du genre, plus particulièrement sur la situation des femmes face au mal-logement et révèle que :

  • 98% des familles monoparentales ont a leur tête une femme ;
  • 61% des femmes cheffes de famille vivent sous le seuil de pauvreté, contre 44% des hommes en familles monoparentales ;
  • Seules 23,5% des mères de familles monoparentales sont propriétaires de leur logement contre 50% des pères ;
  • Plus d’1 famille monoparentale sur 5 vit dans un logement surpeuplé ;
  • 1 demande d’hébergement d’urgence sur 3 faite au 115 concerne des femmes seules avec enfants ;
  • 54% des ménages pris en charge à l’hôtel en 2021 sont des femmes victimes de violences conjugales.

« Mère célibataire, femme à la rue, veuve… Jusqu’à présent, le genre n’a pas été pris suffisamment en compte comme facteur déclenchant ou aggravant du mal-logement. Il est nécessaire de lutter contre les inégalités entre les femmes et les hommes, en ajustant les réponses en matière de logement et d’hébergement » a souligné Matthieu Hoarau dans un communiqué.

De manière générale, sans une mobilisation de l’ensemble des acteurs locaux, la situation sociale déjà critique aujourd’hui, ne fera que s’aggraver et engendrera de lourdes conséquences pour les personnes déjà fragilisées.


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