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Des campements plus nombreux
8 janvier 2007

À un peu plus de trois mois du premier tour de l’élection présidentielle, la question du droit au logement est au centre des débats. Le résultat d’une mobilisation qui s’étend et s’amplifie.
Après l’annonce d’un projet de loi faisant du droit au logement un droit opposable et les engagements des différents partis impliqués dans la campagne présidentielle, la mobilisation des demandeurs de logement s’intensifie. Des initiatives s’inspirant de celle des Enfants de Don Quichotte à Paris essaiment dans plusieurs régions. À un peu plus de trois mois de l’élection présidentielle, la question du respect du droit au logement est au centre du débat.
Le 2 décembre dernier, à l’appel des Enfants de Don Quichotte, un rassemblement sur la place de la Concorde à Paris avait débouché sur une manifestation place de la Bastille. Un important dispositif policier avait tenté d’étouffer cette action. Ce jour-là, sous la pluie, deux tentes étaient symboliquement dressées à l’ancien emplacement d’une forteresse-prison, un des symboles de l’arbitraire de l’Ancien régime, dont la commémoration de la destruction est devenu la fête nationale. Qui pensait alors que la revendication des mal-logés allait prendre une telle ampleur dans le débat politique ?
Des soutiens
Deux semaines après le rassemblement du 2 décembre a commencé l’action du Canal Saint-Martin à Paris. Aujourd’hui, environ de 200 tentes sont occupées par des sans-logis. Et loin de s’essouffler, le mouvement s’amplifie.
En effet, l’association Les Enfants de Don Quichotte a étendu son action en faveur des sans-abri, samedi 6 janvier avec l’installation d’un nouveau campement de 32 tentes à Bordeaux. Il est installé à côté du Grand Théâtre, en bordure d’un quartier commerçant et huppé. Emmaüs, qui a fourni les tentes, devrait aider l’association à proposer des boissons chaudes, voire des repas. Un médecin du SAMU social a également été sollicité au besoin.
A Lyon, le campement de l’association les Enfants de Don Quichotte sur la place Bellecour, en plein centre-ville, atteint désormais 47 tentes, contre 17 lors de son installation mardi. La police a confirmé qu’une "quarantaine" de tentes occupaient désormais l’extrémité Ouest de la place. La municipalité de Lyon a installé un chapiteau de 30 m2 qui sert pour la restauration, l’accueil du public souhaitant signer la charte des Enfants de Don Quichotte et l’entreposage de matériel, a-t-on appris auprès de l’association et de la police.
Des sanitaires pourraient également être installés vendredi, ont ajouté ces mêmes sources.
Initiatives multiples
A Lille, les Enfants de Don Quichotte ont installé jeudi 4 janvier en début d’après-midi un campement d’une dizaine de tentes dans un square du quartier populaire de Wazemmes.
A Orléans, 18 tentes sont montées depuis le 28 décembre sur les quais de la Loire.
A Aix-en-Provence, un campement d’une dizaine de tentes est établi entre l’Office du tourisme et le marché de Noël depuis le 21 décembre.
A Marseille, une vingtaine de tentes sont regroupées dans le centre ville depuis le 31 décembre.
A Toulouse, le campement installé au centre ville par les Enfants de Don Quichotte compte le 4 janvier plus de 50 tentes, contre 12 le 2 janvier.
A La Rochelle, l’association Les Enfants de Don Quichotte a installé sur le port un campement, qui comprenait jeudi 4 janvier une dizaine de tentes, pour loger des sans domiciles fixes et interpeller la population sur leur sort. A Sète, trois tentes sont installées depuis le 3 janvier, dans lesquelles dormiront sept personnes sans domicile fixe. Enfin, cinq tentes se trouvent devant l’église Notre-Dame depuis le 5 janvier.
A Nice, la vingtaine de sans-logis hébergés depuis dimanche 31 décembre dans des tentes sur la plage du centre-ville ont refusé mercredi 3 janvier la proposition de la mairie de s’installer sur un autre terrain, à la sortie de la ville.
Cette forme de mobilisation pour le respect du droit au logement pousse les responsables politiques à prendre position sur ce dossier. Elle a permis d’obtenir l’engagement d’une loi faisant du droit au logement un droit opposable, au même titre que l’éducation. Ce projet a été déposé jeudi au Conseil d’État. Gageons que l’amplification du mouvement sera porteur de nouvelles avancées.
Des campements délogés par la police
À Tours, la police a délogé jeudi une dizaine de personnes qui occupaient quatre tentes depuis la veille dans un passage privé du centre de Tours. C’est la troisième fois en trois jours que des sans-logis sont délogés du centre de Tours. Les demandeurs de logement avaient d’abord tenté de s’installer mardi soir sur une place avant d’en être délogés par la police et de se déplacer vers un passage privé, le passage de la Dolve, d’où ils ont été délogés mercredi soir.
De même, un campement installé samedi 6 janvier dans le centre de Strasbourg a été dispersé par les forces de police le jour même. Vingt-deux tentes identiques à celles du campement du Canal Saint-Martin à Paris avaient été installées en début d’après-midi place Broglie au pied de la préfecture et de l’hôtel de ville face à la ligne de tramway.
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