Un vestige de la société esclavagiste est en train de tomber
11 juin, parCourrier des lecteurs
Quand des Réunionnais préfèrent s’enrichir quitte à amplifier la pénurie de logements et la misère de leurs compatriotes
23 avril, par

À La Réunion, plus de 8.200 logements sont captés par les locations saisonnières tandis que 20.000 logements restent vacants, en pleine crise du logement. Cette spéculation prive des milliers de familles d’un toit. Les maires peuvent encadrer les meublés touristiques, l’État peut réquisitionner les logements vides. Face à ceux qui profitent de la crise au détriment des plus pauvres, une question demeure : les pouvoirs publics auront-ils le courage d’agir ?
À La Réunion, le scandale des locations saisonnières n’est plus seulement une dérive du marché immobilier, c’est une aggravation directe du mal-logement. Alors que plus de 51.000 ménages attendent un logement social, plus de 8.200 logements sont captés par Airbnb et VRBO, selon la Fondation pour le Logement, soit une explosion de 1.738 % en neuf ans.
Dans le même temps, plus de 20.000 logements privés restent vacants, dont plus de 13.000 depuis plus de deux ans.
D’un côté, des familles sans solution. De l’autre, des logements vides ou transformés en rente touristique.
Chaque meublé touristique qui remplace une location longue durée retire un toit possible à des travailleurs, à des chômeurss, à des familles. Chaque logement vacant laissé à l’abandon en pleine crise constitue une aberration sociale.
Et derrière ces chiffres, une question politique surgit : combien de temps les pouvoirs publics vont-ils tolérer qu’une minorité profite de la crise pour aggraver la détresse du plus grand nombre ?
Les maires peuvent agir. Ils peuvent encadrer les locations saisonnières, limiter les changements d’usage dans les secteurs en tension, imposer des règles plus strictes face à la prolifération des meublés touristiques. Ils disposent de marges de manœuvre, encore faut-il la volonté politique.
L’État, lui aussi, a des responsabilités. Face à l’urgence sociale, il peut mobiliser l’arsenal existant, y compris la réquisition de logements vacants lorsque l’intérêt général l’exige. Ce n’est pas une mesure extrême ; c’est un outil prévu pour répondre à des situations exceptionnelles. Et le mal-logement massif en est une.
Les élus oseront-ils affronter les intérêts spéculatifs ? L’État fera-t-il primer le droit au logement sur la logique du profit ?
Certains s’enrichissent sur une pénurie qui frappe d’abord les plus modestes. Ils profitent d’une crise qui écrase leurs propres compatriotes, ceux de la classe la plus nombreuse à La Réunion : les pauvres.
Ce constat dérange, mais il doit être posé.
Quand des logements deviennent des actifs financiers alors que des enfants dorment dans des hébergements saturés ou que des familles survivent dans l’habitat indigne, il ne s’agit plus seulement d’immobilier, mais de justice sociale.
La Réunion ne manque pas de logements ; elle souffre aussi d’une captation et d’un détournement d’une partie du parc au profit d’intérêts privés.
Il est temps de choisir : protéger la rente ou garantir le droit de vivre dignement.
Limiter les locations saisonnières, mobiliser les logements vacants, réquisitionner si nécessaire : ce ne sont pas des slogans, ce sont des actes possibles.
Reste à savoir si ceux qui gouvernent auront le courage de les mettre en œuvre.
M.M.
Courrier des lecteurs
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Messages
23 avril, 15:07, par Arthur
Le logement et le travail, les transports, l’écologie, le long terme, tout est lié finalement. On vit une injustice avec d’un côté des pauvres, aidés parfois mais hélas pas assez et pas toujours qui vivent au jour le jour, sans perspective et ont des enfants qu’ils éduquent dans cette ambiance, ce milieu difficile, porte ouverte à la misère, aux trafics, et d’un autre, en effet, d’autres qui profitent, ont les bonnes infos, l’argent, les bons réseaux pour se fréquenter, jouer, passer du bon temps sans aucun souci, ont de belles voitures, parfois de luxe, ou des suv idem aux vitres teintées, climatisées, puis iront voyager en classe supérieure, profiteront des miles accumulés pour les autres fois. Bref tout va bien sous les tropiques, tranquilles sans volonté d’aller aider les autres, les voisins, les associations, ils n"ont pas le temps, car pour eux, c’est de l’argent, cela montre qu’il y a de sacrés problèmes actuels qui perdurent, s’accroissent, j’espère que pour le 1 ° Mai qui approchent, les citoyens en parleront, tous ensemble dans le cortège syndical. Ce sera l’occasion de voir si les jeunes futurs ou déjà travailleurs se mobiliseront pour ça, trouver un toit pour leur futur qui risque pas de s’améliorer, la preuve, relire l’article ci dessus, Arthur, bonne fin de semaine zot tout....