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par le Dr Raymond Vergès

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Le PCF demande l’intervention de l’Etat contre la mesure « anti-ghetto »

Une mesure contre les pauvres

mercredi 13 septembre 2023


Alors que le gouvernement est en trian de préparer son "Plan Solidarités", visant à lutter contre la pauvreté, le plan d’aménagement de l’Ile-de-France, adopté en juillet par le conseil régional, est dénoncé par l’opposition de gauche qui fustige la clause "anti-ghetto" voulue par la présidente Valérie Pécresse pour "recréer de la mixité dans nos quartiers".


Ce plafond anti-ghetto vise à freiner la production de logements sociaux dans les communes qui en comptent déjà au moins 30%. Il "doit changer le visage de nos villes", a affirmé l’ex-candidate LR à la présidence, pour qui les récentes violences urbaines "imposent plus que jamais" ce changement.

"On ne peut plus rajouter de la misère sur la misère car cela nourrit le repli et la violence", a ajouté Valérie Pécresse. Elle estime que l’instauration de cette politique depuis sa première élection fin 2015 s’est révélée "efficace" puisque "la production de logements sociaux et très sociaux a presque diminué de moitié dans les communes qui en avaient plus de 30%"

L’opposition communiste au conseil régional d’Île-de-France a appelé le 12 septembre à "une réaction ferme de l’Etat" contre la mesure "anti-ghetto" voulue par la présidente de Région Valérie Pécresse, et devant entrer en application en 2024.

60 élus d’Île-de-France ont signé avec la présidente du groupe Gauche communiste, écologiste et citoyenne, Céline Malaisé, deux lettres, adressées au ministre du Logement Patrice Vergriete et au préfet de Région Marc Guillaume "pour faire annuler cette mesure scélérate", a indiqué Céline Malaisé dans un communiqué.

Une « atteinte grave au droit au logement et à la libre administration des collectivités »

Son application constituerait "une atteinte grave au droit au logement et à la libre administration des collectivités", dénoncent dans les deux courriers les signataires, parmi lesquels figurent les sénateurs communistes Pierre Laurent et Eliane Assassi, l’adjoint à la mairie de Paris Ian Brossat ou encore les maires de Grigny, Montreuil, Malakoff, Ivry-sur-Seine ou Villejuif.

"Les communes visées (comptant plus de 30% de logements sociaux) renferment plus de 20% de la production sociale francilienne", ont souligné les élus, rappelant que la mesure "anti-ghetto" est, dans sa version votée mi-juillet, "identique au document préparatoire" qui avait été préalablement soumis aux servies de l’Etat.

Selon les signataires la mise en place de cette politique de la Région aurait "des conséquences désastreuses pour les 750.000 demandeurs d’un logement social" et à terme "viendrait aggraver la crise du logement déjà inédite et dramatique".

"Cette norme anti-ghetto n’est rien d’autre qu’une norme anti-pauvres", a fustigé Vianney Orjebin (LFI).

Elle va "amener à ne pas construire un logement sur cinq", a déploré Céline Malaisé (PCF), se fondant sur un avis de la préfecture de région qui anticipe une réduction de 21% de la production sociale de logements par rapport aux cinq dernières années.

Ce nouveau schéma directeur de la région Ile-de-France (Sdrif) est "fragilisé" car cette disposition sera "attaquée, et à raison" devant la justice, a estimé Dieynaba Diop (PS).


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