L’hébergement d’urgence

Les 7 propositions de la Fédération nationale des associations d’accueil et de réinsertion sociale océan Indien

4 mars 2006

Hier durant toute la journée, un collectif conduit par la Fédération nationale des associations d’accueil et de réinsertion sociale océan Indien abordait avec les pouvoirs publics la problématique de l’hébergement d’urgence à La Réunion. À ce jour, ce type d’hébergement est insuffisant et la fédération leur a fait des propositions.

C’est pour aborder la problématique de l’hébergement d’urgence à La Réunion que le collectif des Centres d’hébergement d’urgence (CHU), “la Halte dionysienne”, “Pour l’Accès au Logement” et “Soutien Solidarité Santé” regroupé au sein de la Fédération nationale des associations d’accueil et de réinsertion sociale (FNARS) de l’océan Indien rencontrait les responsables de la Préfecture, du Conseil général, de l’association des maires de la DRASS et du Conseil général, hier durant toute la journée. À mi-journée, un point a été fait dans les locaux de “la Halte dionysienne” à Saint-Denis.
José Macarty, le président de la FNARS océan Indien, donnait le nombre de places allouées à l’hébergement d’urgence : "637" en tout et pour tout. "C’est insuffisant", relève-t-il. "Les chiffres sont en deçà des normes françaises où l’on enregistre par exemple 6,30 logements en Centre d’hébergement et de réinsertion sociale (CHRS) pour 10.000 habitants contre seulement 1,08 pour La Réunion", détaille-t-il.
Tous les jours, de nombreuses personnes composent le 115, un numéro d’urgence, et "elle réclament un logement d’urgence" car elle se trouvent sous la menace de leur compagnon ou elles risquent de perdre à tout moment leur logement par exemple. "L’interlocuteur bien souvent ne peut leur apporter une réponse concrète", explique José Macarty. Soit la personne regagne le domicile conjugal ou soit un proche l’héberge pour un moment pour se retrouver à la rue ensuite. C’est regrettable, mais c’est comme ça. Selon le président de la FNARS, "il y a là non-assistance à personne en danger".

Structures saturées

Plus les jours passent, plus les demandes d’hébergement d’urgence s’accroissent et plus elles ne sont pas satisfaites. Et d’ores et déjà, l’avenir s’annonce morose. En effet, "le budget national de l’allocation logement temporaire passe de 80 millions d’euros en 2005 à 70 millions pour cette année soit une diminution de 12,4 %", constate José Macarty. À La Réunion, les associations pansent déjà leurs plaies. Il note l’irréalisation "du projet de création de CHRS offrant 200 places supplémentaires prévues par le Plan départemental de cohésion sociale. Il rappelle la promesse non tenue du ministre de l’emploi et de la cohésion sociale en visite à La Réunion en décembre 2004. Il a été annoncé le financement de 120 places en CHRS. Ce collectif attire l’attention des pouvoirs publics et de l’opinion publique sur la situation alarmante de l’hébergement d’urgence à La Réunion. Il se garde de polémiquer et propose "une démarche responsable" (voir encadré).
"Les structures sont engorgées", constate Raymond Lauret, le directeur de la “Halte dionysienne”. "Des femmes victimes de violences conjugales sont orientées vers des hôtels ou des pensions", argumente-t-il. Il déplore "le manque d’initiatives sérieuses à l’égard des personnes se trouvant dans la détresse sociale". Christiane Sanchez-Maldonado, la directrice de “Soutien, solidarité et santé” souligne "la lenteur pour l’évolution d’une simple structure d’accueil en CHRS sans compter le déblocage des fonds". Ce collectif organise le jeudi 9 mars à partir de 10 heures une réunion de travail à l’ADI à Sainte-Clotilde pour approfondir leurs propositions.

Jean-Fabrice Nativel


Les 7 propositions de la FNARS océan Indien

La FNARS océan Indien, avec la bénédiction de la FNARS française, suite à des réunions avec les responsables des CHU, des relais familiaux, des Missions locales et des CCAS propose les idées suivantes pour solutionner la problématique de l’hébergement d’urgence : l’élaboration d’un cadre définissant bien le champ d’intervention des associations et les moyens pouvant être mis en œuvre pour savoir où on va, la réalisation d’une étude départementale sur la précarité, la représentation des associations dans les instances locales concernant les programmes d’aménagement de construction ou de rénovation, le travail de concert avec les bailleurs sociaux et la future agence immobilière à vocation sociale, la reconnaissance de notre participation à la mixité sociale pour maintenir ou recréer du lien social, des réunions de travail trimestrielles avec les tutelles, les financeurs, les associations pour coordonner et réfléchir sur les modes d’intervention de chacun, la consolidation des moyens des associations de l’insertion par le logement par la généralisation des conventions pluriannuelles et par la prise en compte des coûts de fonctionnement.


Les demandes augmentent continuellement

En 2004, l’ODR mena une enquête sur un échantillon de 3.400 appels passés au 115, le numéro d’urgence. Une suite a été donnée uniquement à 54% des appels. "La plupart des appels qui n’ont pu être traités portent sur une demande d’hébergement d’urgence". La raison invoquée est le manque de places. Cette même année, sur 1.578 appels de demandes d’hébergement d’urgence à l’adresse des assistantes sociales du Conseil général, 60% n’ont pu être traitées. De jour en jour, les demandes d’hébergement d’urgence augmentent et les jeunes de moins de 25 ans en représentent un grand nombre. Ces jeunes sont sans ressources et en rupture familiale. À Saint-Denis, au lieu-dit le "petit jardin", situé sur la voie du Général De Gaulle, on peut constater ce fait de société.


637 places seulement

En tout et pour tout, La Réunion compte 637 places pour l’hébergement d’urgence. 64 au total pour les Centres d’hébergement d’urgence (CHU) de Saint-Denis et de Saint-Pierre : en théorie, ils accueillent les personnes pour de très courtes durées de 2 à 3 jours. "Mais dans la réalité, les séjours s’allongent", précisent Eldjidaa Ouadahi et Raymond Lauret, respectivement directeurs des associations "Pour l’accès aux logements" et "la Halte dionysienne". 82 seulement pour les 4 Centres d’hébergement et de réinsertion sociale : ils offrent un toit aux personnes plus un accompagnement social pour une période de 6 mois renouvelables si cela s’impose. 83 pour les 5 Relais familiaux : ils abritent des femmes enceintes et des mères isolées. 408 places pour l’aide au logement temporaire : cette aide est versée à certaines associations pour loger sur une période courte des personnes en réelles difficultés.


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