Un triple anniversaire de portée mondiale
18 juillet, par4 septembre 1996, 4 novembre 2016 et 12 novembre 2016
Plus de 120 000 Réunionnais subissent le mal-logement
19 février, par

Plus de 120 000 Réunionnais subissent le mal-logement faute de logements adaptés à leurs revenus. En pleine campagne municipale, certains promettent ce qui ne relève pas de leur compétence. Seule l’union des maires pourra contraindre l’État à agir, avant que la colère sociale n’explose.
Selon la Fondation pour le Logement des Défavorisés, plus de 120 000 Réunionnais sont victimes du mal-logement. Derrière ce chiffre, ce sont des familles entassées, des jeunes sans perspective d’autonomie, des personnes âgées vivant dans des logements insalubres. La cause est connue : une pénurie massive de logements réellement adaptés aux capacités contributives de la population.
À La Réunion, la majorité des familles a des revenus trop faibles pour accéder au parc privé. Les loyers flambent, le foncier se raréfie, et l’offre de logements très sociaux reste très en deçà des besoins. Le résultat est brutal : attente interminable pour un logement social, surpeuplement, habitat indigne, découragement, corruption pour obtenir un logement.
Et pourtant, en pleine campagne des élections communales, certains candidats rivalisent de promesses. Ils annoncent des créations de nombreux logements, jurent qu’ils régleront la crise, laissent croire qu’il suffirait d’un changement de majorité municipale pour que tout s’arrange. Cette posture est au mieux irresponsable, au pire démagogique.
Car le logement est d’abord une compétence de l’État. C’est lui qui fixe les grandes orientations, qui finance le logement social, qui décide des dispositifs fiscaux, qui détient les leviers budgétaires. Les communes peuvent accompagner, faciliter, planifier. Elles ne peuvent pas, seules, compenser des décennies d’insuffisance nationale.
Faire croire le contraire, c’est tromper les électeurs. C’est promettre des solutions locales à un problème structurel qui relève de la responsabilité de la France. Et c’est préparer de graves désillusions.
Car la situation est explosive. Quand des dizaines de milliers de familles vivent dans l’angoisse du mal-logement, quand des jeunes ne peuvent ni se loger ni construire leur avenir, la colère monte. L’histoire récente nous rappelle qu’une population acculée peut se soulever. À Madagascar, l’an dernier, la tension sociale a débouché sur des affrontements et des bâtiments publics pris pour cibles.
Personne ne souhaite voir une telle situation se reproduire. Mais ignorer la gravité de la crise serait une faute politique majeure. Si les promesses électorales ne sont pas suivies d’effets concrets, si les maires élus expliquent ensuite qu’ils n’ont pas les moyens d’agir, la défiance pourrait se transformer en colère dirigée contre les institutions de proximité : les Mairies.
Il existe pourtant une voie responsable. Les futurs maires, quelle que soit leur étiquette, doivent unir leurs voix. Ensemble, ils peuvent exiger de l’État un plan d’urgence pour La Réunion : financement massif de logements très sociaux, simplification des procédures, mobilisation du foncier public, interdire la spéculation sur les terrains devenus constructibles par décision d’un élu, adaptation des plafonds de loyer aux réalités locales.
Au lieu de s’affronter sur des promesses intenables, qu’ils construisent un front commun pour contraindre la France à assumer ses responsabilités. Le logement n’est pas un slogan de campagne. C’est un droit fondamental.
Si l’État continue de se défausser, la crise sociale s’aggravera. Si les élus locaux jouent la carte de la vérité et de l’unité, des solutions peuvent émerger. L’enjeu dépasse les élections : il s’agit de la dignité de plus de 120 000 Réunionnais.
La révolte menace. Il est encore temps d’agir.
M.M.
4 septembre 1996, 4 novembre 2016 et 12 novembre 2016
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