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Plan logement pour l’Outre-mer
24 avril 2015

Arrivée plus tôt que prévu à La Réunion, George Pau-Langevin a avancé de 24 heures la rencontre prévue avec les patrons du BTP, les organismes HLM et les promoteurs. À l’ordre du jour : la déclinaison du plan logement outre-mer à La Réunion.
Le plan logement pour l’Outre-mer vise notamment à construire et à réhabiliter 10.000 logements sociaux par an. George Pau-Langevin, ministre des Outre-mer, avait donc rendez-vous à la préfecture avec les organismes HLM, les services de l’État, les organisations patronales du BTP et les promoteurs immobilier pour débattre de la déclinaison de ce plan à La Réunion. Dans notre île, les besoins sont estimés à 9.000 logements par an, dont 5.000 logements sociaux. Préparé par le Secrétariat général aux affaires régionales de la préfecture, ce rendez-vous a donné lieu à la projection de diapositives servant de support à des interventions. La séquence était découpée en 4 thèmes : mobilisation et aménagement du foncier, constructions neuves et parcours résidentiel, réhabilitation, transition énergétique et professionnalisation, maîtrise des coûts. Ce point est une étape qui doit conduire à la validation en juin prochain d’une stratégie d’application de la déclinaison réunionnaise du Plan logement pour l’Outre-mer.
Il a tout d’abord permis de faire le point de l’action de l’Établissement public foncier régional, créé pour constituer une réserve de terrains susceptibles d’accueillir des logements sociaux. Cette structure de portage doit permettre de réduire le coût du foncier dans la production des 180.000 logements qui seront nécessaires d’ici 2030, dont 60 % devront être des logements sociaux. L’EPFR a atteint son rythme de croisière, il peut mobiliser 267 millions d’euros pour les 5 prochaines années. Depuis sa création, il a contribué à la construction de 3.000 logements sociaux. Avec les terrains qu’il détient actuellement, il y a le potentiel de réaliser 5.000 logements de ce type. La mobilisation du foncier est en marche et ce n’est donc pas là que se situe le blocage. C’est surtout dans l’aménagement des terrains que se situe la faiblesse, avec un manque de fonds pour préparer la construction.
Un autre point soulevé est l’ampleur des fonds à mobiliser pour réhabiliter le parc social. 40.000 logements sont concernés, dont 15.000 en urgence. Le travail de mise aux normes d’un seul logement coûte entre 20.000 et 100.000 euros. L’estimation globale est une mise d’un milliard d’euros, qui paiera ?
La FRBTP est intervenue sur la question des coûts. En moyenne, la part de la construction dans la facture finale est estimée à 52 %, quand le foncier entre pour 17 % ; les autres honoraires pour 22 % et la marge pour 17 %. Cette estimation pose question à la CAPEB qui demande des précisions. Quand à l’ACERBAT, elle pense que la centralisation des normes est un gros problème. L’amendement Virapoullé est accusé de bloquer les possibilités d’adaptation qui peuvent permettre de construire mieux et moins cher.
La FRBTP rappelle aussi qu’en signant rapidement un accord avec l’Intersyndicale au premier jour de grève générale, elle a assuré la paix sociale. Cela a un prix qui doit être pris en compte dans le coût final de la construction, dit en substance son président.
La ministre a pris note des observations formulées, et n’a pas fait un discours global de conclusion. Elle a dit qu’une réflexion est en cours pour passer au mieux 2017 qui doit voir la fin de défiscalisation et son remplacement par un dispositif qui n’est pas encore défini. Cela pourrait être un crédit d’impôt, ou alors la reconduction de la défiscalisation s’il est démontré que c’est le système le plus efficace aux yeux du gouvernement.
Interrogée par la presse à la sortie de la réunion, elle a indiqué que la concertation allait se poursuivre. Elle précise que l’autoconstruction n’est pas absente du Plan pour le logement social. Cette autoconstruction est mise en œuvre au travers de l’accession sociale à la propriété qui livre un logement à achever par son propriétaire.
Plus généralement, la ministre pense que pour l’autoconstruction, les besoins sont surtout l’aide à l’ingénierie, un rôle qui peut être joué par les PACT qui interviennent déjà.
La concertation doit donc se poursuivre encore deux mois à La Réunion.
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