Logement

Logement social à La Réunion : vers un monopole de deux groupes français

Nouvelle illustration du néocolonialisme

Manuel Marchal / 29 juillet 2019

Après la SIDR et la filiale immobilier du groupe Apavou, deux sociétés de HLM sont convoités par CDC-Habitat : la SEMADER et la SODIAC. Si cette filiale d’une banque française arrivait à ses fins, elle aurait alors réussi à mettre la main en quelques années sur plus de la moitié du parc social réunionnais. Rappelons que la SHLMR est une filiale d’un autre groupe français : Action Logement.

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Selon « le Quotidien » de samedi, la SODIAC a des difficultés financières. Ses principaux actionnaires, la Mairie de Saint-Denis et la CINOR, auraient décidé de céder la SODIAC à la filiale immobilière d’une banque française, la Caisse des dépôts. Nommée CDC-Habitat, cette filiale a déjà pris le contrôle de la SIDR, a acquis les logements de la filiale immobilier du groupe Apavou et détient déjà 20 % du capital de la SODIAC. CDC-Habitat est également prête à mettre 30 millions d’euros sur la table pour détenir 34 % du capital de la SEMADER afin d’en devenir l’actionnaire de référence, et donc le maître à bord.

Toutes ces sociétés de HLM ont un point commun. Elles ont été créées à La Réunion pour construire des logements dans notre île. Au fil des années, leurs travailleurs ont développé ces bailleurs sociaux. Et au bout du compte, c’est un groupe français qui veut rafler la mise simplement en mettant l’argent sur la table. Les sociétés réunionnaises ne sont plus que des filiales d’un groupe français qui décide de la gestion des bénéfices et de la stratégie. La décision échappe donc aux Réunionnais.
Dans « le Quotidien » de samedi, le président de CDC-Habitat est très clair à ce sujet : une « logique de groupe s’impose ». Cela signifie donc aller vers des fusions. Si CDC-Habitat arrive à mettre la main sur plus de la moitié des logements sociaux de notre île, difficile de croire qu’elle compte les gérer sous 4 enseignes différentes avec des équipes différentes.

Le 10 juillet dernier, les conclusions de la Conférence logement outre-mer avait identifié trois partenaires de l’État. Deux opèrent à La Réunion : CDC-Habitat et Action logement qui détient la SHLMR. Si la stratégie de CDC-Habitat suit son cours, alors elle n’aura en face d’elle qu’un autre grand opérateur : Action logement. Toutes les autres sociétés de HLM auront une part marginale dans un secteur qui sera dominé par le monopole de deux groupes français : CDC-Habitat et Action logement. C’est une nouvelle illustration du néocolonialisme, avec comme cas concret la création d’un nouveau monopole à La Réunion contrôlé par deux sociétés françaises.

M.M.