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L’ARMOS alerte sur la baisse des aides de l’État pour le logement social
24 avril, par

Au lendemain du rapport de la Fondation pour le Logement, les bailleurs sociaux alertent sur une chute annoncée des crédits d’État pour 2026, divisés par trois. Une coupe qui menace des milliers de logements sociaux et aggraverait une crise déjà explosive. Alors que 53.000 familles attendent un logement, les bailleurs dénoncent un contresens social et économique : réduire les moyens du logement social, c’est organiser l’aggravation du mal-logement à La Réunion.
Au lendemain du rapport accablant de la Fondation pour le Logement sur l’aggravation du mal-logement à La Réunion, les bailleurs sociaux tirent à leur tour la sonnette d’alarme. Et leur alerte a des allures de séisme. Alors que plus de 53.000 demandeurs attendent un logement social sur l’île, l’enveloppe de la Ligne Budgétaire Unique (LBU), principal outil de financement du logement social outre-mer, pourrait tomber à 27 millions d’euros en 2026, contre 85,65 millions en 2024 et 78,5 millions en 2025.
Autrement dit, au moment où la crise du logement explose, l’État envisagerait de sabrer dans les moyens pour y répondre. Difficile d’imaginer plus violent contresens politique. Les organismes de logement social rappellent pourtant qu’il ne manque ni projets ni capacité d’agir. Au contraire. Ils ont déjà déposé des opérations prêtes à démarrer : 1.832 logements neufs, dont une majorité de logements sociaux et très sociaux, ainsi que 1.162 logements à réhabiliter. Besoin total identifié : 70 millions d’euros de crédits, soit bien davantage que l’enveloppe annoncée.
Si cette coupe budgétaire était confirmée, des projets prêts à sortir de terre seraient tout simplement reportés, voire abandonnés. Et ce sont des milliers de familles qui paieraient le prix de cette austérité. Avec une telle baisse, les bailleurs préviennent : chute des mises en chantier dès 2027, délais d’attente encore rallongés, ralentissement des réhabilitations, aggravation de la suroccupation et du mal-logement. En clair : davantage de précarité, davantage d’abandon.
Cette alerte vient confirmer ce que dénonçait la Fondation pour le Logement : les renoncements publics nourrissent la crise.
Car comment expliquer qu’au moment où 4 Réunionnais sur 10 subissent les effets de la crise du logement, où des milliers d’enfants restent sans solution stable, l’État envisage de réduire aussi brutalement son engagement ?
54 % de la commande publique au BTP
Le logement social ne peut être traité comme une variable d’ajustement budgétaire.
D’autant que les conséquences dépassent le seul champ social. C’est toute l’économie réunionnaise qui serait frappée. En 2024, le logement social représentait 54 % de la commande publique du BTP. Réduire la LBU, c’est fragiliser des entreprises assistées par d’abondantes commandes publiques, menacer des emplois, freiner tout un secteur déjà sous tension. Un choc social doublé d’un choc économique.
Les bailleurs le rappellent : le logement social n’est pas une dépense, c’est un investissement vital. Pour la cohésion sociale, pour la dignité humaine, pour l’activité économique.
Reste une question politique majeure : l’État entend-il accompagner La Réunion face à l’urgence, ou organiser le recul ?
Au lendemain d’un rapport dénonçant l’abandon du droit au logement, cette perspective de coupes budgétaires ressemble à une confirmation brutale : les grands renoncements continuent.
M.M.
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