« Sans le Parti communiste, il n’y aurait pas de Chine nouvelle »
3 juillet, par105e anniversaire du Parti communiste chinois
Conséquence d’un système inadapté aux capacités contributives des locataires
3 mars 2021, par

Les difficultés des salariés à faible revenu d’accéder à un logement social sont la conséquence d’un système qui produit des logements trop chers. La priorité doit donc être de partir de la capacité contributive des locataires et d’organiser ensuite la construction autour de cette donnée. Cela oblige à rompre avec le système actuel, où ce sont les contribuables qui doivent financer une partie des loyers via l’allocation logement afin que les logements sociaux puissent trouver preneur.
La presse de lundi fait état d’une conférence de presse de la Confédération nationale du logement. La CNL fait part de son indignation en raison d’un système qui rend difficile l’accès des salariés à bas revenus aux logements sociaux. Les raisons sont les suivantes : des revenus trop élevés pour avoir droit à un LLTS, et un salaire trop faible pour prétendre à un logement social de standing plus élevé. Par ailleurs, pour un salarié à faibles revenus, le coût du loyer, de l’eau et de l’électricité peut représenter près de la moitié du salaire.
Cette situation confirme la crise structurelle du logement social. La raison d’être du logement social repose justement sur le social. Il est question d’habitats à loyer modéré (HLM) qui doivent donc être accessibles aux personnes privées d’emploi, et à celles ayant une pension ou un salaire peu élevé. En conséquence, c’est une aide sociale.
Mais La Réunion souffre depuis longtemps d’une pénurie de logements sociaux. Cela fait près de 20 ans que le nombre de familles ayant droit à un logement social et dont la demande n’est pas satisfaite est constamment supérieur à 20.000. Les rapports annuels de la Fondation Abbé Pierre soulignent que le nombre de familles vivant dans un logement insalubre se compte en dizaines de milliers.
A la pénurie s’ajoute donc un obstacle d’ordre économique. Car si l’on peut comprendre que les LLTS soient prioritairement attribués à des familles privées d’emploi ou survivant avec un minima social ou légèrement au-dessus, il est anormal qu’il soit difficile à des salariés à faible revenu d’accéder aux autres logements du parc social. La CNL évoque de la part des bailleurs sociaux un comportement analogue à celui du privé : l’exigence d’un salaire supérieur ou égal à trois fois le montant du loyer.
Or à La Réunion, les loyers dans le logement social sont excessivement élevés : plus de 500 euros pour un appartement avec seulement deux chambres. Pour que ces logements trouvent preneur, le système s’organise autour de l’Allocation logement qui diminue le montant à la charge du locataire. C’est donc le contribuable qui finance une compensation permettant au système de fonctionner en apparence.
Ces loyers trop élevés sont la conséquence du coût de la construction. Car toutes les dépenses engagées sont au final payées par les locataires. D’où la nécessité de baisser drastiquement ce coût, ce qui n’est possible dans le système actuel.
Il est alors intéressant de constater que dans des pays où le logement est une priorité plus importante, le coût du loyer est un poste de dépense bien moins élevé qu’à La Réunion. C’est le cas notamment à Singapour.
Cela pousse donc à rechercher à La Réunion des solutions innovantes et de rupture pour que les loyers des logements sociaux soient en rapport avec la capacité financière des locataires sans avoir recours à l’allocation logement. D’autres pays sont capables de construire des logements de qualité beaucoup moins chers, pourquoi ne pas y rechercher une inspiration ?
M.M.
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