Opération RHI dans le quartier de Bois de Nèfles Saint-Leu

13 juillet 2007, par Sophie Périabe

Hier, quelques dizaines de familles se sont donné rendez-vous à la Maison de quartier de Bois de Nèfles Saint-Leu. Jean Luc Poudroux, Maire de Saint-Leu, ainsi que les Président et Directeur de la SIDR, Gino Ponin Ballom et Philippe Jouanen, ont dressé les grandes lignes de la nouvelle RHI (Résorption de l’Habitat Insalubre). Cette réunion de concertation avec les habitants est la première de bien d’autres, a assuré le Maire.
Ce sont environ 295 logements et plus de 1.000 familles qui seront concernés par ce nouveau schéma d’aménagement.

L’objectif de cette RHI est « de définir un projet urbain pour restructurer le quartier de Bois de Nèfles, permettre aux familles de vivre dans des conditions plus agréables », explique Jean-Luc Poudroux.
(Photo SP)

Après l’opération RHI de “Portail” qui aura duré environ 10 ans, la Mairie de Saint-Leu s’attaque au quartier de Bois de Nèfles. Dans ce quartier, il est vrai que beaucoup de familles vivent dans des cases insalubres, sans éclairage public, avec des routes très abîmées, etc...
L’objectif de cette RHI est « de définir un projet urbain pour restructurer le quartier de Bois de Nèfles, permettre aux familles de vivre dans des conditions plus agréables », explique Jean-Luc Poudroux.
Le programme prévisionnel prévoit la réalisation de 352 logements dont 217 aidés. La première tranche s’inscrit sur une superficie de 4 hectares et son programme se décompose en 18 LES, 35 LLS et 18 réhabilitations pour un coût d’environ 2,5 millions d’euros.
Pour ce faire, le Conseil municipal a décidé de confier ce projet à la SIDR (Société Immobilière du Département de La Réunion), qui s’efforce de relancer, depuis quelques années, la construction sociale à La Réunion.
Lors de cette matinée, la population a pu faire connaissance avec Stéphanie Traversier, chargée d’Affaires sociales, qui aura pour mission de rencontrer toutes les familles individuellement afin de déterminer les besoins de chacune.
Dans un premier temps, ce sont une cinquantaine de familles qui seront concernées par la première tranche. Les enquêtes de familles devront commencer dès lundi, et les travaux débuteront, dans le meilleur des cas, d’ici 2009.

Sophie Périabe


« Aider les familles à mieux vivre ces changements »

Responsable du programme MOUS (Maîtrise des œuvres urbaines et sociales) qui accompagne chaque RHI, Stéphanie Traversier est responsable de l’accompagnement des familles. Elle doit les visiter une à une afin de déterminer les besoins de chacune d’elle. Pour cela, elle travaille en collaboration avec divers organismes, notamment le CCAS de la commune, le Conseil général, la CAF, l’ADI, etc...
« Par exemple, si dans une famille, il y a des personnes qui sont demandeurs d’emploi dans le Bâtiment, nous allons les mettre en relation avec les entreprises qui s’occupent des travaux de construction. Ici, dans le quartier de Bois de Nèfles, nous avons déjà la chance d’avoir une Maison de quartier dynamique avec une association. Il est donc important de travailler avec tous les partenaires pour que chacun se sente concerné par le projet », explique le travailleur social.
Dès lundi, Stéphanie Traversier commencera une série d’enquêtes dans une cinquantaine de familles pour réactualiser les enquêtes de 2003. « Il sera important de voir comment la famille a évolué, s’il y a des enfants majeurs, des nouveaux-nés, etc... pour que les constructions puissent se faire en adéquation avec les nouveaux besoins de la famille. Mon travail consistera également à les préparer aux changements. Il faut savoir de nombreuses familles ont toujours vécu là, avec un mode de vie et des habitudes traditionnels. Il faudra donc les accompagner aux nouveaux changements ».


Le logement social en crise

Aujourd’hui, la loi oblige chaque commune à construire des logements sociaux. La SIDR en a fait un de ces principaux objectifs. En moyenne, la SEM construit environ 500 logements par an. Mais depuis quelques années, ce chiffre a tendance à régresser, et aujourd’hui, ce ne sont plus que 150 logements qui sont construits. Quelles en sont les raisons ?
Pour Bernard Hoarau, chargé de communication à la SIDR, les raisons sont simples. « Tout d’abord, nous manquons de foncier. En effet, les terrains bien placés et immédiatement constructibles sont achetés par de gros promoteurs immobiliers qui peuvent mettre le prix. Et deuxièmement, lorsque nous faisons des appels d’offre pour des constructions de 20, voire 30 logements, ces appels d’offre restent sans réponse ». La faute aux grands travaux engagés sur l’île, selon Bernard Hoarau. « Les grosses entreprises de Bâtiments sont déjà prises par les grands travaux, route des Tamarins, etc... Ce n’est donc pas rentable pour eux de construire des logements sociaux. Et cela n’est pas près de s’arranger avec le tram-train, la route du Littoral ». Sans remettre en cause ces grands travaux en eux-mêmes, Bernard Hoarau estime qu’il n’y a pas assez d’entreprises moyennes capables de répondre à ces appels d’offre. Il y a bien des petites entreprises artisanales, mais qui ne sont pas aptes à assurer ce type de chantier. Alors, que faire ?
La réponse se trouve peut-être dans l’innovation. « Il faudrait trouver des nouveaux produits adaptés au contexte local, et surtout trouver des produits qui passent dans nos financements », indique Bernard Hoarau. Ce dernier souligne également qu’un assouplissement de la législation en matière des LES (Logement Evolutif Social) qui permettent d’accéder à la propriété leur permettrait de réduire leurs pertes.

SP


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