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La Fondation Abbé Pierre
2 février 2005

La Fondation Abbé Pierre (FAP) pour le logement des défavorisés dénonce, dans son rapport 2005 publié hier, une grave crise du logement qui concerne plus de trois millions de personnes en France, dont 30.000 à La Réunion.
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Le mal-logement, qui concerne les conditions de vie des personnes sans-abri, les logements inconfortables, insalubres ou précaires, touche en France plus de trois millions de personnes (86.500 sans domicile fixe, 809.000 privées de domicile personnel et 2 millions 187.000 vivant dans des conditions de logement très difficiles). C’est ce que révèle le 10ème rapport annuel de l’état du mal-logement en France.
La délégation régionale de la Fondation Abbé Pierre (FAP) a organisé hier la retransmission en direct de cette présentation par visio-conférence, à l’hôtel Lancastel. L’abbé Pierre et le ministre délégué au Logement, Marc-Philippe Daubresse, étaient présents à la Mutualité à Paris.
La FAP tire une fois de plus la sonnette d’alarme. Plus d’un million de personnes manquent d’un des trois éléments qui caractérisent un niveau de confort minimum (chauffage fixe, WC intérieur, douche ou salle de bain) et un même nombre d’individus vivent en situation de surpeuplement accentué. Le nombre de personnes en situation de réelle fragilité à court ou moyen terme s’élève à 5 millions 670.000. Parmi elles, on compte 625.000 individus vivant dans 250.000 logements en copropriétés dégradées. 286.000 ménages se retrouvent en situation de précarité pour impayés de loyer de plus de deux mois, tandis que 823.000 personnes sont hébergées chez des tiers.
Cinquante ans après l’appel de l’abbé Pierre le 1er février 1954, la situation, constate la FAB, est toujours critique. Le rapport souligne que l’on assiste à l’exil des classes moyennes de plus en plus loin des centres-villes et à l’aggravation des statistiques concernant les expulsions. De plus, craignent les partisans de l’abbé Pierre, l’éclatement des compétences lié à la décentralisation va fragiliser davantage la mise en œuvre du droit au logement.
La FAP souligne par ailleurs que l’objectif affiché par le gouvernement de construire 500.000 logements sociaux est louable. Néanmoins, elle craint que la mise en œuvre du plan de cohésion sociale se retrouve face à une double difficulté : produire des logements sociaux qui correspondent aux caractéristiques des demandeurs et obtenir pour cela la coopération des communes.
La FAP formule une série de dix propositions à l’État. D’abord, la relance de la production de logements sociaux "réellement accessibles", en particulier pour les ménages les plus modestes. Elle prône également l’accentuation de la dimension sociale du parc privé. Autre proposition : l’accroissement de la solvabilisation des ménages modestes par les aides personnelles au logement.
La fondation souhaite également que le renouvellement urbain soit doté d’une véritable dimension sociale et que l’État intervienne de façon active dans la mobilisation du foncier. Elle se positionne en faveur de l’amélioration du dispositif de prévention des expulsions locatives et d’une meilleure lutte contre l’insalubrité et le saturnisme. Les autres propositions sont : la consolidation du rôle de l’État dans le domaine de la politique du logement des défavorisés, le renforcement des dispositifs relatifs aux logements d’urgence et temporaires et le respect de la loi de Solidarité et renouvellement urbain (SRU).
À La Réunion, la délégation régionale s’apprête à dresser un état des lieux précis sur le nombre de squats et de logements insalubres dans l’île. Ce document sera remis à Patrick Doutreligne, délégué général de la FAP, lors de sa visite dans l’île à la fin du mois. Ce constat sera joint au rapport national annuel de 2006. Elle entend, à cet effet, bâtir un cahier du mal-logement à La Réunion.
Alain Compagnie, directeur régional de la FAP, souligne d’ores et déjà que dans le département, environ 30.000 logements sont indignes et insalubres. Ces bidonvilles sont situés au Port, à Saint-André, à Saint-Louis, à Saint-Denis et à Saint-Pierre. C’est la population d’origine mahoraise qui est la plus mal logée, vivant dans ces habitations. Malheureusement, cet aspect du dossier Logement n’est nullement abordé dans le plan de cohésion sociale du Conseil général, précise encore Alain Compagnie. En ce qui concerne les sans-domicile fixe, ils seraient plus de 2.000 dans l’île.
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