REVUE DE PRESSE HEXAGONALE

24 juillet 2008

Boutin déclare ouverte la chasse au logement social

Mme Boutin, Ministre du Logement et de la Ville, présentera lundi 28 juillet son projet de loi dit "Plan d’actions pour l’accès au logement".
Ce projet autoritaire est loin de répondre aux enjeux de la crise du logement que connaît notre pays. Autoritaire à l’égard des bailleurs comme des locataires, autoritaire également à l’égard des collectivités locales qui voient leur rôle une fois de plus restreint.

Face aux besoins immenses en matière de logement, Mme Boutin fait primer la rentabilité du secteur privé sur l’intérêt général. Elle veut imposer un nouveau désengagement de l’Etat. Ainsi, le budget du logement sera réduit de 6,9% en 2009. De surcroît, aucune disposition n’est formulée en faveur du pouvoir d’achat des locataires du privé comme du public pour limiter la hausse des loyers.
Un projet de loi dur à l’égard du secteur public du logement, mais toujours plus attentionné pour le secteur privé de l’immobilier. Aucune leçon n’est tirée de la crise des "subprimes", hors du culte ultra-libéral du "tous propriétaires", point de salut.
C’est la condamnation à court terme de la mixité sociale. Au nom de la mobilité dans le parc de logements, c’est le développement de la précarité locative pour les locataires solvables au travers de la baisse des plafonds de ressources et des contrats à durée limitée de trois ans non renouvelable, les surloyers pour les familles les moins en difficulté.
La chasse à la sous-occupation sans tenir compte des histoires humaines, la réduction du délai d’expulsion à 1 an sans tenir compte de l’inadaptation de la construction de logements sociaux ou encore la disparition du droit au maintien dans les lieux font de ce projet un travail de destruction du secteur public du logement social dépourvu d’efficacité et d’humanité.
Pire, la mobilisation des fonds de l’ANRY, de Anah, du 1%, du FISAC, de l’EPARECA en faveur de 100 à 150 quartiers de 100 communes oppose la requalification des quartiers anciens dégradés aux projets actuels qui manquent déjà tant de moyens.
En 2006, la présence de l’Abbé Pierre dans l’hémicycle avait fait reculer les députés les plus libéraux. Qu’en sera-t-il en décembre prochain, lors du vote de la loi ? Alors qu’il faudrait porter à 30% la part de logement sociaux, dans toutes les villes, c’est l’article 55 de la loi SRU qui est directement menacé d’extinction. Ainsi, l’accession sociale à la propriété sera comptabilisée afin d’éviter les amendes aux maires récalcitrants tout en leur permettant de s’exonérer de construire des logements sociaux.


Lutte contre l’exclusion

La faute aux bailleurs sociaux ?

Pour promouvoir son projet de loi, Christine Boutin accuse la gestion des sociétés HLM.

Christine Boutin a décidé hier dans les colonnes du “Parisien” de préparer le terrain, avant la présentation le 28 juillet prochain de son projet de loi « mobilisation pour le logement et lutte contre l’exclusion ». En montrant du doigt les quelques sociétés HLM accusées de se constituer des rentes au lieu d’investir leur argent dans la construction. Juste de quoi jeter le doute, si ce n’est l’opprobre, sur l’ensemble du mouvement HLM. Et, au passage, décider de taxer les 10% de bailleurs sociaux qui font plus de trésorerie que de constructions. Dispositif inscrit dans le projet de loi qui rapporterait entre 50 et 100 millions d’euros, et dont la ministre promet la redistribution aux organismes en manque de moyens.
Selon le ministère, les 860 bailleurs, privés et publics, auraient mis de côté quelque 11 milliards d’euros, fin 2006. Une somme impressionnante qui cache des réalités très contrastées, fait l’impasse sur le coût des engagements à moyen et long termes, et, surtout, ignore la misère des HLM en région parisienne, par exemple. La ministre a beau jeu de mettre en avant, sans le citer, un organisme ayant accumulé 22 millions d’euros en deux ans tout en n’investissant qu’un million quand, depuis une décennie, l’État n’a cessé de se désengager du logement social. De plus, le mouvement HLM a rappelé que sa proposition de mutualiser ses moyens pouvait être un moyen efficace pour éviter qu’ici ou là de l’argent soit utilisé à autre chose qu’à construire.
En montrant du doigt les HLM, la ministre n’espère-t-elle pas aussi détourner les regards de la remise en cause de l’article 55 de la loi SRU (imposant 20% de logements sociaux aux communes de plus de 3.500 habitants) inscrite dans son projet de loi ?

Dany Stive


Logement social en Afrique du Sud

Afin de corriger la structure urbaine héritée de l’Apartheid et de diminuer la pauvreté, les autorités sud-africaines ont lancé dès 1994 une politique ambitieuse de logement social.
Elle est relayée par des banques commerciales qui développent des produits financiers destinés à favoriser l’accès au logement des ménages modestes.
Avec quatre prêts accordés depuis 2005 aux grandes banques sud-africaines (dont deux en 2006 pour un montant de 80 millions d’euros), l’AFD accompagne cette politique en contribuant à des montages innovants qui renforcent l’impact social des opérations.
Grâce à ses financements, la cible des bénéficiaires des crédits bancaires pour le logement s’est élargie aux foyers les plus défavorisés qui perçoivent des revenus annuels inférieurs à 5.000 rands (environ 540 euros).
Une aide au logement est proposée à ces ménages sous la forme de subventions réduisant le montant des mensualités ou d’accès facilités à des mécanismes de garantie.
Près de 25.000 foyers sud-africains, soit environ 100.000 personnes, devraient pouvoir obtenir ou réhabiliter un logement.

(Sources : AFD)


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