Économie réunionnaise : le calme avant la tempête
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Une personne sans domicile fixe emportée par les flots
30 août 2021, par

Les fortes pluies du week-end à Saint-Joseph et Saint-Philippe ont fait une victime. Il s’agit d’une personne sans domicile fixe qui avait trouvé refuge dans une cabane située sur le bord d’une rivière. Des témoins affirment que la crue l’a emporté. Si le droit de ce Réunionnais à un logement avait été respecté, il n’aurait pas perdu la vie en prenant le risque d’habiter dans un lieu aussi dangereux.
Un Réunionnais sans domicile fixe est la victime recensée des intempéries qui ont touché Saint-Joseph et Saint-Philippe ce week-end. Faute de logement, il avait trouvé refuge dans une cabane située au bord d’une rivière. Il a été pris au piège par la brutale montée des eaux.
Pour beaucoup, ce drame sera interprété comme une conséquence de la fatalité : une personne pauvre n’avait pas de logement, est victime de la pauvreté.
Or, la pauvreté à La Réunion n’est pas une fatalité. Elle est la conséquence d’une politique économique qui met de côté la moitié de la population, condamnée à enchaîner emplois précaires et longues périodes de chômage ou alors à s’exiler en France sans grand espoir de retour avant la retraite.
La crise du logement relève d’une même logique : ce n’est pas la fatalité mais la conséquence d’une politique.
Les besoins en logements des Réunionnais sont connus. Il manque près de 30.000 logements sociaux pour faire face à la demande des ayants-droits. Les victimes ont alors le choix entre s’entasser dans des logements insalubres, ou alors se tourner vers le marché et ses prix prohibitifs.
Des milliers de Réunionnais en sont donc réduits à des solutions de fortune pour faire face à l’incapacité de Paris de résoudre un problème relevant de sa compétence. C’est là que se situe la véritable origine du drame de ce week-end.
Ceci remet donc au premier plan une priorité des politiques publiques : garantir le droit de tous les Réunionnais à un logement décent. Le système en place depuis des décennies dirigé par Paris ayant fait preuve de son incapacité à respecter ce droit, nul doute qu’il appartient aux Réunionnais de prendre cette responsabilité dans l’intérêt de leur pays. Ensemble, il sera alors possible de régler définitivement la crise du logement, comme dans d’autres pays.
M.M.
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