Luttes sociales

« 120 emplois condamnés 
à La Réunion » 

Selon la Plateforme d’exercice professionnel des laboratoires de biologie médicale

Témoignages.re / 27 octobre 2012

Les mesures prévues dans le projet de loi de financement de la Sécurité sociale actuellement en débat au Parlement auront un impact sur le personnel des laboratoires d’analyse médicale et sur la qualité des soins, affirme la Plateforme d’Exercice Professionnel. Touchés depuis 4 ans par les plans d’austérité successifs, cette catégorie professionnelle demande à la Caisse nationale d’assurance maladie de revoir sa copie.

Réunis pour la première fois au sein d’une Plateforme d’Exercice Professionnel, les principales organisations et réseaux de biologistes tirent la sonnette d’alarme : le Projet de Loi de Financement de la Sécurité Sociale entraînera la perte de 120 emplois à court terme dans le secteur de la biologie médicale à La Réunion (8 000 en France). De plus, au-delà des suppressions d’emplois, la fermeture de nombreux sites sera inéluctable et entraînera de nouvelles désertifications des soins et du diagnostic.
Face à cette situation, l’ensemble des membres de la Plateforme d’Exercice Professionnel, qui regroupe 100% de la biologie médicale libérale française, a décidé de lancer 2 actions phares :
Un arrêt de la télétransmission des feuilles de soins vers les Caisses Primaires d’Assurance Maladie (CPAM) durant la semaine du 29 octobre au 4 novembre.
Une fermeture de l’ensemble des sites de biologie médicale en France tous les après-midis de la semaine du lundi 5 novembre au vendredi 9 novembre. 
Ces 2 actions ont été définies et décidées en tenant compte de 2 facteurs. Elles n’impactent pas directement les patients et permettent de faire pression sur l’ensemble des directeurs de Caisse Primaire d’Assurance Maladie afin qu’ils remontent le mécontentement et les volontés de l’ensemble des biologistes médicaux de France auprès de la Caisse Nationale d’Assurance Maladie (CNAMTS), le dialogue étant quasi rompu avec celle-ci.
Depuis 2008, sous l’effet notamment des mesures draconiennes des différentes Lois de finance de la Sécurité sociale (LFSS), les emplois salariés au sein des laboratoires de biologie médicale sont en chute. Aujourd’hui, les chiffres avancés unilatéralement par les représentants de la CNAMTS font craindre de lourdes conséquences. Près de 20% des effectifs du secteur (45.000 actifs équivalent temps plein) seraient menacés voire condamnés à court terme si la situation ne se débloquait pas, avertissent les syndicats nationaux et régionaux, les réseaux de laboratoires, les syndicats de jeunes biologistes et les associations signataires de la PEP.
De fait, la biologie médicale a dû s’engager à marche forcée vers l’accréditation règlementaire ; l’effort financier demandé a fragilisé les laboratoires qui ont cru en cette réforme. Les ponctionner lourdement aujourd’hui reviendrait à anéantir une profession qui prend soin de 500 000 patients chaque jour.
Pourtant des mesures conjuguant équilibre budgétaire – indispensable en ces temps de crise - et santé publique existent. Les membres de la PEP en proposent plusieurs – contrats quinquennaux avec la CNAMTS via une maîtrise médicalisée des volumes, contrat de prévention avec le Ministère de la Santé… - mais encore faut-il qu’ils soient entendus des pouvoirs publics !